Glouskap, Jésus, Mahomet et Bouddha, ou vive la confusion!
GLOUSKAP OU ... JESUS? - Connaissiez-vous le mythe amérindien de Glouskap? Probablement que non. Eh bien vous voilà informés, grâce à Mario Dumont. Tout comme vos jeunes enfants le seront, dès le primaire, à partir de septembre prochain. Qui est Glouskap? «Il est celui qui a tué son frère Malsum, l’Esprit du Mal, le fameux Winpé, et d‘autres sorciers encore, qui a tant humilié la sorcière Poujinkouesse qu’elle s’est changée en maringouin, et cela uniquement pour se venger, car elle est devenue, grâce à cette métamorphose, la mère d’une engeance persécutrice des hommes que protège son puissant ennemi.»
Vous trouvez que ce récit-mythe est loufoque? Si vous répondez oui, alors vous faites partie des gens qui méprisent la culture amérindienne et ses croyances spirituelles (religieuses), dixit plusieurs politiciens et journalistes de l’élite bien-pensante québécoise, alignés sur le prêt-à-penser relativiste actuel, qui postule que «toutes les croyances —dont font partie les mythes de toutes cultures— et religions se valent, puisque la Vérité ne saurait exister ni être trouvée par la raison ou la foi ».
Évidemment, on comprend que les représentants amérindiens aient été choqués de la façon dont Mario Dumont a présenté ce mythe en pleine Assemblée nationale, en faisant bien voir, par sa parole autant que son attitude, qu’il était préoccupé qu’on enseigne de telles choses à sa fille qui débutera son primaire en septembre 2008. Ces représentants ont exigés des excuses formelles, appuyés par l’élite bien-pensante de notre intelligentsia. Tout ça pour ça?
Je trouve très intéressante la réaction du chef de l’opposition officielle, car elle traduit très bien à mon avis fort probablement ce que pensent des milliers de Québécois du nouveau cours de Culture et éthique religieuse —sondés ces derniers jours par le biais d’un site Web de la Commission sur les accommodements raisonnables, plus de 80 % de ceux-ci disaient être en désaccord avec le fait que l’État IMPOSE ce nouveau cours de mouture relativiste sous prétexte du nouveau dogme, le vivre ensemble (dit autrement: on s’auto-renie et dénigre pour mieux accueillir l’immigrant).
Or que dit Mario Dumont? Que la religion chrétienne n’est pas un mythe, ce qu’est le récit de Glouskap; ce qu’il dit aussi, c’est qu’il est mal à l’aise avec l’approche niveleuse (relativiste) à l’origine de ce cours. En somme, qu’il n’est pas vrai que TOUTES les religions se valent. Oh ! je ne dis pas que les CROYANTS des diverses religions ne se valent pas, en dignité et en droits, oh que non! Ce que je dis, et cela devrait relever de l’évidence, c’est que certaines religions sont plus CRÉDIBLES que d’autres.
Et qu’est-ce qui fonde la crédibilité d’une religion? Un ensemble de facteurs, qu’il faudrait ici développer dans… un article d’au moins 25 pages! Vous en voulez quelques-uns, que je n’explique pas: a) la crédibilité de son fondateur (bye-bye Raël et toutes les sectes!); b) la beauté et cohérence de son message religieux; c) les exigences morales découlant de son message religieux (ce qui discrédite illico presque toutes les sectes); d) son épaisseur historique (créer une religion est relativement facile, la maintenir vivante est tout autre); e) la qualité de sa liturgie et de sa spiritualité; f) sa concordance avec le réel, son rapport à la Raison, son universalité; g) son adaptabilité relative avec ses différents lieux d’enracinement (cultures diverses).
Prenez l’ensemble de ces critères, et vous pouvez analyser la qualité relative d’une religion. Évidemment, il ne saurait être possible de PROUVER scientifiquement qu’elle détienne la Vérité, car en définitive, quand il s’agit de croyances, on ne peut se passer du PARI de la foi, mais précisément, une foi peut reposer sur du plus ou moins solide, sur du plus ou moins… vrai, selon le point de vue du croyant.
Ce pari, tous les croyants du monde doivent l’assumer, après avoir beaucoup réfléchi ET prié, pour discerner. C’est d’ailleurs la tâche la plus exigeante qui soit pour un être humain: essayer de trouver la Vérité religieuse, le Sens de l’Univers, de… sa vie!
C’est tellement difficile qu’on comprend aisément que plusieurs abandonnent en cours de recherche, découragés, mais surtout, cédant aux sirènes du divertissement, de la paresse intellectuelle, du Juste-pour-rire (rire pour masquer notre désespoir profond, aller voir ces multimillionnaires du rire insignifiants, incultes et vulgaires, beaux miroirs de notre décadence culturelle —c’est à rager et à pleurer!), et retournent à leur… télévision ou bâtons de golf, en attendant la mort, le plus tard possible. Et le Ciel, évidemment, car tous croient qu’ils y iront, s’il existe.
Mario Dumont nous a donc forcés, en quelque sorte, à nous questionner sur nos croyances fondamentales: Glouskap ou Jésus? Mahomet ou Raël? Moon ou Hubbard? Bouddha ou le Grand Manitou? Et on comprend son malaise, d’ailleurs aussi exprimé par Mgr Ouellet: si les adultes eux-mêmes peinent à s’y retrouver, et pour cause, comment de jeunes enfants du primaire réussiraient-ils à y démêler le bon grain de l’ivraie? —Car il sera STRICTEMENT INTERDIT au professeur, dans le cadre du nouveau cours, sous peine de péché grave de non-respect du dogme étatique du vivre ensemble, de dire à ses élèves ce qu’il pense, en d’autres termes d’émettre un jugement critique ou de valeur sur telle croyance ou religion, et cela MÊME DANS LES ÉCOLES CONFESSIONNELLES! C’est ainsi que l’État québécois conçoit le respect de la liberté de conscience des parents qui choisissent les écoles confessionnelles pour leurs enfants….
C’est contre cette CONFUSION ANNONCÉE que Mario Dumont, Monsieur Gros Bon Sens (la plupart du temps), s’est indigné à l’Assemblée nationale, suivi par des milliers de Québécois qui semblent se réveiller et réaliser enfin ce que le PQ nous a passé comme sapin en matière religieuse avec la déconfessionnalisation de l’enseignement. Le Québec s’est construit depuis ses origines sur le pilier, sur la colonne bimillénaire de la Tradition catholique. Maintenant ce que notre État nous propose, c’est la confusion religieuse et, conséquemment, identitaire. Car que reste-t-il d’une culture qui n’a plus de culte commun, sinon celui de la consommation dans les temples modernes que sont les centres commerciaux, nos nouvelles églises dont le Veau d’or est l’idole?
Dans le contexte actuel, la confessionnalité scolaire est-elle encore possible, souhaitable? À l’ancienne, non, évidemment. Mais sous la forme de droit de choisir, notamment de refuser ce nouveau cours d’État, alors oui, mais à la condition que Mgr Ouellet ne soit pas le seul évêque à réclamer ce choix (est-il le seul évêque du Québec qui tienne encore à une certaine confessionnalité des écoles?), et que des catholiques désireux que leurs droits soient respectés continuent de manifester leur mécontentement.
Le fait est qu’à l’heure actuelle (22 décembre), le principal appui du cardinal Ouellet, ne vient pas des autres évêques du Québec, mais de Mario Dumont. Notre Église va mal? Elle va, hélas, comme elle est menée, comme disait la sagesse ancienne.
Mgr Ouellet serait prêt, sans aucun doute, à mourir pour la Vérité dont il vit depuis toujours, et qu’il a comme mission de faire connaître, sinon redécouvrir, au peuple québécois. Espérons qu’il trouvera au sein de son équipe épiscopale des compagnons disposés comme lui au martyre. Notre époque a besoin de saints, pas de gestionnaires de notre décroissance annoncée.
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