Prendre position contre l’usage du condom n’est-il pas une sottise?
Question: Le pape n’est-il pas rétrograde et un obstacle au progrès lorsqu’il prend position contre l’usage du condom pour remédier au fléau du sida?
Réponse: Une société en perte de valeurs, ne vivant que pour l’immédiat, prônant des jouissances sans entrave, réclamant une fausse liberté, condamne sans appel l’Église qu’elle croit rétrograde et réactionnaire. Elle fait penser à ces esprits qui criaient un jour à Jésus: «Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre?» (Mc 1.24).
La société, écrivait le cardinal Godfried Danneels, veut nous libérer DE quelque chose, mais elle oublie qu’il faut être libre POUR quelque chose, pour donner sens à notre vie, pour l’éclosion de valeurs. L’Église, particulièrement le pape, voit plus loin que les plaisirs de courte durée. Elle n’ignore pas que les enjeux sont la liberté authentique, le véritable amour, la sexualité bien comprise. S’ils sont négligés, se dresse le spectre des maladies transmises sexuellement (MTS), tel le sida. C’est alors le malheur et la détresse surtout des jeunes que fascine un bonheur miroitant aux conséquences désastreuses.
L’amour et la sexualité, selon le plan de Dieu créateur, trouvent leur épanouissement dans un mariage ouvert à l’amour et à la vie, dans un don de soi définitif pour une personne de l’autre sexe; ou, si telle est la volonté de Dieu, dans le célibat.
Vouloir régler le problème du VIH-sida, celui des séropositifs et des sidéens, par l’usage artificiel du condom, est une solution fallacieuse. Cette solution facile immunise contre le vrai remède, une vie équilibrée et heureuse, dans des relations amoureuses fidèles, au sein du mariage.
C’est l’enseignement que l’Église veut donner au monde contemporain. Trop souvent, les mass médias n’encouragent que des solutions éphémère: l’usage du condom, la contraception, l’avortement. En un temps d’hédonisme et de liberté sans frein, l’Église rappelle le sens profond de la sexualité et de l’amour; elle insiste sur la préparation sérieuse à la vie dont les jeunes ont tant besoin. Une préparation qui ne consiste pas dans des cours de sexualité qui n’accentuent que l’aspect physique des relations sexuelles, mais qui enseigne surtout la saine compréhension de la vie, de la sexualité et de l’amour.
J’admire les personnes qui, souvent à contre-courant, prônent les vraies valeurs, comme Solange Lefebvre-Pageau le fait par ses écrits et ses conférences. N’a-t-elle pas publié la brochure Sida: responsabilité bien au-delà du condom? (le Nic, 5 octobre 2003, p. 8-11). Il y a aussi d’autres personnes responsables qui ont le courage d’affirmer leurs convictions et qui orientent les jeunes vers une vie pleine et heureuse, dans le respect de la morale naturelle qui est celle de Dieu.
C’est la responsabilité des parents et des éducateurs de réagir et de proposer cette vraie solution, une solution qui bâtit l’avenir, qui éveille au sens véritable de la vie, aux valeurs profondes de l’amour et de la sexualité, à une vie dont toutes les composantes sont respectées, à une vie de liberté authentique, source de bonheur profond et durable.
Pour soumettre des questions, veuillez les adresser à P. Gérard Desrochers, 9797 boul. Ste-Anne, Ste-Anne-de-Beaupré, Qc G0A 3C0 Courriel: repchret@repchret.ca
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