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Le NIC - Le Vendredi 3 Septembre 2010

Valérie Cloutier, une relationniste née!

Elle tourne le dos au prestige et à la gloire pour s’engager en Église

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Dimanche 4 Mai 2008

Valérie Cloutier, relationniste pour ECDQ.tv, est une jeune femme dynamique et enjouée. Pour elle, communiquer ce n’est pas une seconde nature, c’est son essence même. Elle prend plaisir à échanger, partager, informer, favoriser les contacts. Avec ses qualités naturelles et son bac en communications sociales, Valérie avait d’abord cru bon faire carrière dans une grande institution financière. Désabusée après quelques années, elle a quitté ce travail qui lui apportait prestige et gloire pour participer à une œuvre qui la transforme au quotidien: la couverture médiatique pastorale de l’Église catholique de Québec.


«J’ai demandé s’ils avaient besoin de quelqu’un aux communications du diocèse de Québec, raconte Valérie Cloutier. Et cela a cliqué. À partir de ce moment-là, j’étais convaincue que j’allais travailler un jour pour le cardinal». : ECDQ.tv

«J’ai demandé s’ils avaient besoin de quelqu’un aux communications du diocèse de Québec, raconte Valérie Cloutier. Et cela a cliqué. À partir de ce moment-là, j’étais convaincue que j’allais travailler un jour pour le cardinal».

ECDQ.tv

C’est dans un petit village de 1000 habitants, dans une famille catholique pratiquante que sont élevées Valérie et sa sœur. Son père est médecin de campagne ce qui suppose une disponibilité constante. Mais ça n’empêche pas ses parents de s’impliquer dans leur communauté. Tout ceci fait de Valérie une jeune fille qui parle à tout le monde et qui veut aider son prochain

Quand vient le temps d’un choix de carrière, Valérie hésite. «Je voulais aider mon prochain.» Mais elle sait qu’elle aime également communiquer. «Je me suis dit, “Communications, pourquoi pas?!” J’avais un petit rêve caché: je voulais faire de la télé. Mais on m’a toujours dit que ce n’était pas un milieu facile, très compétitif.»

Elle opte finalement pour un compromis: un Bac en communications sociales. Dès le début, elle aime son cours, mais, en même temps, elle est tiraillée. «Dans les communications sociales, pour moi, il y a deux volets: les entreprises d’affaires et les organismes communautaires. Je suis attirée par le communautaire, mais ce n’est pas “glamour” et valorisant. Et comme j’ai de bons résultats, mes profs me poussent en me disant que je devrai me trouver une “grosse job” dans une grosse entreprise.»

L’échec du succès…En plus de devoir lutter contre la gloire du monde, elle doit faire face à une épreuve familiale: ses parents se séparent. «C’est un moment très difficile. Je me dis, “si l’amour, ça ne marche pas…” puis “ce n’est pas juste!”. J’ai décroché.» Tout en continuant à croire en Dieu, elle prend ses distances avec l’Église.

À la fin de son Bac, Valérie fait un stage à Québec. Elle décide d’y rester pour se trouver un emploi. Mais elle souffre de solitude. «Cela m’a été très difficile de m’intégrer à Québec parce que je n’avais pas étudié à l’Université Laval. Finalement, en allant à la foire de l’emploi, j’ai obtenu un travail dans une grosse compagnie financière.»

Au début, Valérie est très contente. «J’ai gravi les échelons très rapidement.» Mais bientôt, un autre combat commence. «Je suis dans un environnement où le pouvoir, l’argent et le prestige, c’est très important. Mon employeur m’apprécie, mais moi, je suis malheureuse. Je ne me sens pas à la bonne place, je n’aime pas les chiffres, je veux plutôt aider les autres.»

Pendant les vacances d’été, elle se rend à Montréal. «Je me suis mise à prier régulièrement à l’Oratoire St-Joseph. J’ai rencontré la directrice des communications de l’Oratoire, madame Luce Dion. Elle a été pour moi un exemple, parce qu’elle avait l’air tellement heureuse dans son travail. Je me disais, “Ça existe des communications dans l’Église?” Je ne savais même pas!»

… et le succès de l’échec!

En retournant à son village, elle va rencontrer son curé de paroisse, Yvon Bilodeau. «Je pleurais. Je me disais: “Je suis en train de gâcher ma vie! J’ai un bon job, un gros salaire, un bel appartement. Je suis vide, malheureuse, je remets en question toute ma vie.” Et lui? Il était content de ça!»

«Il me dit: “Valérie, je suis tellement heureux que tu t’en rendes compte! Parce que tu as une grande mission!” Je me demandais c’était quoi ces grands mots-là: une grande mission de quoi?» Il lui remet une cassette de Robert Lebel et lui propose d’écouter «Seigneur, que veux-tu que je fasse?».

«Je suis partie avec ça, en me disant que ça ne m’aidait pas trop dans ma tristesse. Je me disais, “Comme si Dieu allait changer toute ma vie…” Je pensais que je faisais déjà sa volonté!»

L’abbé Bilodeau l’invite ensuite à aller faire de l’adoration à la chapelle de St-Rédempteur à Québec où son grand ami est curé: Gilles Lemay, qui a été nommé évêque auxiliaire depuis.

Dans la chapelle, la jeune femme demande un signe au Seigneur: «“Si tu existes, donne-moi un signe!” Et là, au moment où je venais de faire ma prière, je sens une main sur mon épaule: c’était Gilles Lemay. Je me suis dit c’est le signe que j’attendais!»

«Ce qui m’a sauvé c’est ça: l’adoration. Ça me permettait de m’intérioriser et de me dire ce que je voulais vraiment. Et c’est là que j’ai vraiment réalisé que je devais travailler pour une cause.»

Chambardement salutaire

Selon Valérie, c’est la Providence qui permet qu’elle rencontre le cardinal Ouellet et sœur Doris Lamontagne (qui travaille pour le Congrès eucharistique). «J’ai demandé à la blague s’ils avaient besoin de quelqu’un aux communications. Et cela cliqué. À partir de ce moment-là, j’étais convaincue que j’allais travailler un jour pour le Cardinal.»

Avant de se détruire, Valérie décide de quitter l’entreprise pour laquelle elle travaille. «J’ai reçu un téléphone: on m’offrait un poste de directrice adjointe des communications pour le Con­­grès eucharistique international (CEI). C’est là que j’ai cru que la Providence existe et ne nous abandonne pas! On pense qu’on est au bout du tunnel, qu’on est en train de mourir et il y a quelqu’un qui nous tend la main. Le cardinal m’est revenu avec les mêmes mots que mon prêtre de Weedon: “Valérie, tu as une grande mission d’Église.”»

Au début, Valérie a peur; elle est gênée de travailler pour l’Église. «Il ne faut pas se faire de cachette, c’est très rare les gens des communications qui veulent travailler en Église. Ce n’est pas très prestigieux. Et, j’ai fait des sacrifices pour être ici, j’ai diminué de salaire. Mais en revanche, je reçois tellement! Je me suis fait des amis. J’étais toute seule avant. Maintenant, je suis obligée de refuser des activités tous les jours!»

«Je suis en train de chambarder toute ma vie! Jamais je n’aurais pu rêver de faire ce que je fais là. C’est exactement ma branche. C’est touchant. Aujourd’hui, je fréquente un garçon qui a la foi. J’ai besoin d’être avec des gens qui ont la foi, parce qu’ils sont vrais.»

«C’est spécial, je vais avoir 30 ans le 15 juin, jour de l’ouverture du Congrès eucharistique international. Je n’ai jamais été aussi en paix avec moi-même. Je me sens bien, sereine, pas inquiète face à l’avenir, je fais confiance. Je suis privilégiée de me rendre compte de tout ce que le Seigneur a fait!»


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