Des propositions de lecture pour l’été
Je vous présente pour la dernière fois avant l’été, quelques livres jeunesse. Dans deux numéros, nous serons déjà au Congrès eucharistique de Québec. Il ne sera donc pas question d’une chronique jeunesse, mais peut-être d’ouvrages sur l’Eucharistie? Qui vivra verra! En attendant, voyez ce que je vous propose ci-dessous.
Religieux
À partir de 5 ans
Les 3 arbres, adapté par Gabriel Ringlet, illustré par Daniella Oh, Médiaspaul, 2006, 28 pages, couverture rigide.
«Il était une fois trois petits arbres, habités par de grands rêves… Chacun portait en son coeur un grand désir, un talent que Dieu lui avait donné. Ce précieux trésor, que vont-ils en faire?» Voilà comment nous présente l’éditeur de ce trésor d’histoire touchante. On nous dit que ce conte traditionnel libanais a nourri la foi de générations d’enfants. Et je n’en doute pas une minute!
C’est Clémence (5 ans) qui a lu le livre avec sa maman et qui nous offre ses commentaires que je transcris ici: «J’ai aimé ce livre parce qu’il était beau, drôle et amusant… Les images étaient magnifiques et très colorées. J’ai apprécié ce livre parce qu’il me faisait penser à Jésus et aux paroles de Dieu. Moi, j’aimerais être comme le troisième arbre… J’aimerais devenir la croix qui tient Jésus, car je veux l’aider pour ne pas qu’il meure…» Avez-vous encore besoin d’arguments?
Des enfants de 5 ans comprendront aisément ce récit raconté par leurs parents. Mais pour en faire une lecture sans accompagnateur, il faudra attendre 7 ans.

Entre deux
À partir de 12 ans
La Porte des Anges, tome 1 Le complot d’Éphèse, Michaël Dor, roman, Médiaspaul, 2006, 312 pages.
Ce premier tome d’une trilogie a été écrit par un chrétien avec l’objectif a - voué d’offrir un roman chrétien aux jeunes. Mais attention, il ne s’agit pas ici d’un livre comme les Chroniques de Narnia qui rappelle la résurrection du Christ. Je vous préviens parce qu’au début, j’étais plutôt déçue: j’avais l’impression qu’il ne réalisait pas ses promesses.
J’avais l’impression d’a - voir à faire un suspens dont les enjeux étaient spirituels. Or, il en pleut de ces histoires où il y a lutte entre le bien et le mal. Mais ça n’en fait pas des histoires chrétiennes pour autant!
Cependant, j’ai révisé ma position. Je pense que c’est vers la seconde moitié du récit qu’on peut commencer à percevoir l’intention de l’auteur. Le personnage principal arrive à se regarder sous un angle différent pour reconnaître sa vraie nature pécheresse.
Dans son compte-rendu de lecture, Louis-Joseph (11 ans) me disait que, bien que le vocabulaire soit difficile pour un enfant de moins de 12 ans, il avait trouvé le livre intéressant. «Ce n’est pas le meilleur livre au monde, mais ça m’a fait réfléchir sur la foi, sur l’orgueil. Le lien qu’il y a entre la peur et l’orgueil et finalement la mort.» Je dois donc reconnaître que l’auteur a tout de même atteint son objectif! C’est pourquoi je vous le recommande sans remords.

Profane
À partir de 12 ans
Tobie Lolness, Timothée de Fombelle, roman, Gallimard Jeunesse, Tome 1, 2006, 312 pages.
J’ai beaucoup aimé ce récit qui nous fait entrer dans un monde imaginaire absolument minuscule. To - bie, âgé de 13 ans, ne me - sure qu’un millimètre et demi. Et ses semblables ne dépasseront pas les trois millimètres. Leur environnement? Un grand chêne où l’on découvre une contrée différente sur chacune des branches. Tobie doit fuir parce qu’il risque la mort. L’amitié et le courage demeurent au coeur de cette histoire. La loyauté, la détermination et les convictions personnelles sont également au rendez-vous.
Mais il y a un hic: ma fille qui venait d’avoir 11 ans ne l’a pas aimé du tout à l’époque. Elle ne l’a même pas terminé. J’ai compris en le lisant que le vocabulaire et l’approche étaient un peu difficiles pour une enfant de cet âge. J’ai donc demandé une deuxième opinion à Félix, un jeune garçon de 12 ans qui dévore une quantité impressionnante de livres pour son âge. Il a tout simplement adoré. «Excellent! Un environnement super! Le plus surprenant c’est qu’il (Tobie) ait réussi à survivre pendant plusieurs mois en se nourrissant exclusivement de moisissure (un champignon).»
On n’aura donc pas l’unanimité sur celui-là! En tout cas, pas pour l’instant. Je pense en effet que ma fille pourra retenter sa chance dans quelques mois et, j’en suis sûre, sera heureuse de découvrir à son tour ce premier tome.

Des diamants sous la neige, Gérald Gagnon, roman, Soulières, Collection Graffiti, 2007, 128 pages.
C’est la première fois que je vous parle d’un livre édité par Soulières. Cet éditeur offre des produits très intéressants. Il propose aux jeunes des histoires faciles à lire et assez courtes (plus ou moins 150 pages).
Stéphanie (16 ans), ma plus fidèle lectrice, aime beaucoup cette approche. Elle en a lu plusieurs: «J’ai apprécié particulièrement le format proposé par la maison d’édition; format poche avec une belle couverture!»
Pour ma part, j’ai été touchée par cette courte histoire. J’ai même eu la surprise de découvrir le personnage principal, un jeune de 15 ans qui, suite à un accident d’avion où il demeure le seul survivant, crie vers Dieu pour obtenir du secours! Je ne m’attendais pas à voir ça dans un roman si récent! Qu’en dit Sté - phanie? «Je l’ai bien aimé, c’était amusant et léger. J’ai particulièrement aimé le début.»

À partir de 16 ans
Telle une abeille, Isabelle Girard, roman, Éditions de Fallois, 2007, 176 pages.
J’ai hésité, pesé le pour et le contre avant de vous présenter ce livre. Je l’ai tout simplement adoré, mais il y a un moment du récit où la jeune fille raconte avec passion les émotions vécues lors de sa première relation avec son mari (mariage civil). Même s’il n’y a pas de détails et que ça ne concerne qu’une page du livre, il me semble que c’est un peu intense pour des jeunes. Est-ce peu de choses en comparaison de ce qu’ils lisent? Bien sûr, mais ce n’est pas pour trouver le moindre mal que j’écris cette chronique, mais pour proposer des livres sains.
J’ai relu l’extrait une deuxième fois et j’ai finalement décidé de proposer sa lecture avec une restriction au niveau de l’âge. Même si, dans les faits, un enfant de 11 ans pourrait le lire, je propose un lecteur mature, âgé d’au moins 16 ans.
Par contre, le reste de l’histoire est absolument saisissant. C’est le récit d’une jeune fille abandonnée au coin d’une rue à l’âge de cinq ans avec sa petite soeur de 21 jours dans les bras. Je vous laisse imaginer le reste! On nous sert le roman comme si c’était une autobiographie ou un journal, ce qui nous fait entrer davantage dans l’histoire.
De tous les livres que j’ai prêtés à Stéphanie (16 ans), celui-ci est nettement son préféré. «Un bijou! Je l’ai dévoré en deux jours tellement il me captivait. Je vivais toutes les aventures de la petite fille de l’histoire en même temps qu’elle. Oui, je recommande ce livre!»
De la page un peu tendancieuse? Pas un mot! Il faut croire que je suis plus sensible que ces jeunes qui en voient de toutes les couleurs!
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