Dieu trouvera-t-il cette année des coeurs où naître et habiter?
Et ça continue, mon kiki! Le festival de la consommation (souvent à crédit) tous azimuts, les mirages de bonheur associés à l’acquisition de quantités de bébelles, écrans plasma et cellulaires dernier cri, toutes choses essentielles au bonheur, bien sûr! Aimer, c’est acheter, non? Même s’il faut s’endetter, car on le sait bien, un amour sans cadeau, c’est comme la foi sans les oeuvres! Quoique cette année, les vents d’une récession qui s’annonce mondiale refroidiront peut-être la course folle à la consommation de bien des familles québécoises.
Faudra-t-il une sévère récession, voire une crise (comme celles des années 1930) pour que notre nation comprenne enfin la vanité du culte au veau d’or de l’argent et de la consommation? Je le confesse sans détour: je crois que oui. Ça prendra un électrochoc de ce genre pour que les Québécois(e)s, dopés par une décennie de croissance, comprennent enfin que l’argent —et la consommation hédoniste— n’est pas LA finalité de la vie. Il faudrait une telle secousse sismique pour retrouver le vrai sens, la vraie hiérarchie des valeurs: Dieu premier servi, le reste ensuite. Pour réaliser enfin que depuis des décennies, les Québécois ont sacrifié l’essentiel pour l’accessoire, la finalité aux moyens. Le temps des Fêtes sera triste? Rien de plus normal: l’invité principal en est absent, personne n’a pensé à l’inviter.
Noël, pourtant, quelle fête!: la célébration du mystère de Dieu incarné en Jésus. Quand on y pense, ce dogme de l’Église est d’une profondeur abyssale: le Dieu créateur des mondes visible et invisible qui décide de se «réduire» à une personne humaine! Ce mystère de l’abaissement de Dieu, appelé aussi la kénose (en grec), nous en dit beaucoup sur son mystère: Dieu est humble! Paradoxe de la condition humaine: nous, qui sommes petits, des riens, voulons nous faire grands; Dieu, qui est Tout, décide de se faire petit!
Encore une fois cette année, pour la 2008e fois, on fera mémoire de la venue de Dieu en ce monde. Une venue discrète, presque cachée. Hélas, encore une fois, telle la première à Bethléem, Jésus peinera à se trouver un lieu où habiter, les coeurs lui refusant l’entrée par suite d’encombrement —les préparatifs des célébrations païennes l’occupant toute. Encore une fois cette année, Dieu se cognera le nez sur bien des portes fermées. Dans ces maisons, l’étoile de Bethléem ne brillera pas, et l’on n’entendra pas les anges chanter.
En ces jours saints, que chacun de nos coeurs devienne un Bethléem spirituel où Dieu, dans le mystère de cette nuit divine, trouvera bon descendre pour y venir naître. Entre deux rencontres familiales, faisons de la place au Dieu qui vient, mais qui se trouve trop souvent à l’étroit entre mille cadeaux et bébelles, quand Il n’est pas tout simplement écrasé sous leur poids. Joyeux Noël à chacun(e) d’entre vous, mes chers lecteurs! Et bonne et sainte année!
«Il est venu si doucement que le monde ne s’en est pas aperçu, il est né dans une petite grotte sur le foin et sur la paille, il a vécu dans la maison d’un simple artisan.» —Bx Frédéric Janssoone
FRÉQUENTER NOS SAINTS ET BIENHEUREUX AU QUOTIDIEN
Permettez que je vous présente ma plus récente publication, éditée chez Médiaspaul, intitulée: Une Pensée par jour. Les Saints et bienheureux de la Nouvelle-France. Il s’agit d’un calendrier pour 2009 offrant une citation par jour, tirée de la vie d’une grande figure de la tradition catholique.
La particularité de mon recueil, qui fait partie d’une série comptant plusieurs titres (Saint Bernard, Padre Pio, Mère Teresa, etc.), c’est que vous y trouverez des pensées d’une quinzaine de grandes figures spirituelles de notre histoire: Jean de Brébeuf et les Martyrs canadiens, Marguerite Bourgeoys, Marguerite D’Youville, Marie de l’Incarnation, François de Laval, Catherine de St-Augustin, Kateri Tekakwitha, Frère André, Louis-Zéphirin Moreau, Marie-Léonie Paradis, Émilie Tavernier-Gamelin, Marie-Anne-Blondin, Frédéric Janssoone, Marie-Rose Durocher, Jeanne Mance, ainsi que Jérôme le Royer de la Dauversière (le fondateur mystique de Ville-Marie Montréal).
Pourquoi fréquenter nos saints et bienheureux? Parce qu’«on devient ce qu’on contemple», nous enseigne la sagesse séculaire. Qui la contredira? On a tous besoin de modèle(s) pour avancer —monter— dans la vie. Le manque de ces modèles serait d’ailleurs un des graves problèmes de notre époque, qui afflige les jeunes en particulier.
D’ailleurs, pour en revenir aux saints, saviez-vous que la plupart des saints, pour le devenir, se sont inspirés de l’exemple de l’un ou l’autre de leurs prédécesseur(e)s? Une inspiration qu’ils ont en outre alimentée dans la prière adressée à leur saint(e) préféré(e), puisant dans le trésor infini de grâces de la communion des saints.
Pour terminer, voici quelques lignes de l’introduction que j’ai écrite pour cet ouvrage: Il était une foi... en Nouvelle-France. L’histoire récente du Québec depuis la Révolution tranquille, qui a marqué le début du déclin de l’influence de la religion catholique dans les mentalités populaires, ne doit pas nous faire oublier nos origines, qui sont celles d’une «histoire sainte» en terre d’Amérique, rien de moins. Qui s’en souvient encore? Notre passé religieux a-t-il encore quelque chose à nous dire, à nous apprendre? Je fais le pari que oui. (...).
Ces grandes figures de notre histoire ont en commun certains traits de personnalité, un même esprit: un attachement radical au Christ, un amour passionné de son Église, une volonté résolue de propager la foi catholique dans toutes les âmes, le désir profond de servir leurs frères et soeurs dans le besoin, et j’ajouterais: le renoncement à soi-même, l’acceptation de toutes les croix, aussi lourdes fussent-elles.
Tout cela pour moins de 10 $ l’unité. Un beau cadeau pour le jour de l’an, non? Je vous souhaite donc d’y faire de magnifiques rencontres, inspirantes et fécondes pour votre vie spirituelle.
Note:
La citation en encadé dans cet article est tirée de mon recueil, en date du 24 décembre.
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