Même si ça fait déjà un certain temps que l’“Assemblée des évêques catholiques du Québec” (AÉCQ) a fait connaître ses couleurs face au cours d’éthique et culture religieuse (ÉCR), je n’arrive pas à me consoler concernant leur orientation. J’avais résolu de me taire pour ne pas propager une fois de plus leur déclaration, mais comme ils continuent de l’affirmer partout, je pense que je ne dois plus résister… Pas pour créer de l’opposition entre nous, mais au contraire, pour réclamer, une fois de plus, leur appui.
On n’a pas le droit de hisser le drapeau blanc sans avoir essayé! Ce serait un manque de foi! Ce serait croire que le diable est plus fort que notre Seigneur!
Photo Sophie Bouchard
Pour ma part, ça fait longtemps que je pense qu’on aurait dû cesser les cours d’enseignements religieux. C’est que dans beaucoup de cas, l’enseignement n’avait de religieux que le nom. Je cite un seul exemple: une de mes filles a eu droit à des livres Bouillon de poulet en troisième année du primaire… discours vide et insignifiant pendant qu’on mettait de côté rien de moins que la Parole de Dieu! Il fallait que toutes les histoires d’horreurs vécues par nos enfants cessent de faire leurs ravages. En cela, je suis d’accord avec nos évêques.
Mais, ce que je n’accepte pas, c’est qu’on le remplace par un autre cours qui aura des conséquences probablement encore plus néfastes sur nos enfants parce que considéré neutre, sans l’être! Et c’est là que je suis déçue, blessée de ne pas avoir le soutien de l’AÉCQ. La Coalition CLÉ étant déjà considérée comme une minorité extrémiste par les médias et le milieu scolaire, le message de l’AÉCQ équivaut à confirmer qu’il n’y a là qu’une poignée de gens tellement à droite que même les évêques ne les supportent pas!
Les parents (et leurs enfants) s’en trouvent encore plus isolés, ignorés. Quand ils osent s’élever contre le cours, on leur coupe les jambes en rétorquant que même les évêques catholiques n’y voient pas de problème. Bien que ce ne soit pas tout à fait la teneur de leur déclaration, c’est ça qu’on en a retenu.
Vigilance
Ah! bien sûr, l’AÉCQ peut avoir bonne conscience puisqu’elle nous assure la vigilance… En tout cas, c’est ce que promettait Mgr Pierre Morissette dans une entrevue donnée en octobre dans le cadre de l’émission Focus sur la chaîne télé Sel et Lumière.
Mais dans un même souffle, il ajoutait que les parents devaient aussi être aux aguets (c’est justement ce qu’on fait!), qu’ils étaient les mieux placés pour savoir ce qui se passait dans le cours et que, finalement, c’était à eux qu’il revenait de faire des représentations auprès du ministère de l’Éducation.
Merci pour les encouragements et les instructions à suivre! On aurait quand même préféré des gestes concrets, pas seulement des mots…
Quand j’ai demandé au président de l’AÉCQ, Mgr Veillette, s’ils avaient révisé leur position depuis leur déclaration, il m’a répondu: «Nous, comme Église, on n’a rien à dire quand à la décision qui sera prise (concernant les recours juridiques actuels) parce que ça relève des commissions scolaires et éventuellement du ministère de l’Éducation. (…) On va être très attentif à cela (l’implantation du cours) et on fera les représentations qu’il faudra pour ajuster.»
Alors que je lui signifiais que les parents de la CLÉ auraient voulu l’appui des évêques, il a répondu: «Bien sûr, ils ne sont pas les seuls qui souhaitent avoir l’appui des évêques. Je comprends, mais l’AÉCQ, depuis longtemps n’a pas voulu appuyer, ni d’un côté, ni de l’autre.» Si je voulais être méchante, je pourrais dire qu’ils ont peurs de mettre leurs… “soutanes”!
Ce que je ne comprends pas surtout, c’est pourquoi je suis située d’un côté pendant que les évêques disent qu’ils n’ont pas de côtés (pour ne pas donner de prise?)… Dans ma vision naïve des choses, je croyais pourtant qu’en étant dans l’Église, faisant partie du peuple de Dieu, j’étais du même côté que les évêques?
L’adversité
Heureusement que le cardinal Ouellet ne se gêne pas de son côté! Il ne se contente pas d’exposer son opposition quand il est au Québec. En effet, notre problème est désormais connu partout dans le monde puisqu’il a profité de la visibilité du Synode des évêques pour en informer la presse. Ouf! Quel courage! Il va falloir prier pour lui… il en aura besoin pour faire face à l’adversité!
Faire face à l’adversité, c’est aussi la difficulté de beaucoup de parents contre le cours. Ils n’osent pas s’opposer ouvertement de peur d’être exclus ou pointés du doigt… ou pire, que leurs enfants le soient. Et je les comprends puisque ce sera probablement le cas. D’autres se disent que c’est une bataille perdue d’avance. En effet, ce n’est pas facile de lutter contre le “monde”.
Combat victorieux
Mais on n’a pas le droit de hisser le drapeau blanc sans avoir essayé! Ce serait un manque de foi! Ce serait croire que le diable est plus fort que notre Seigneur! Appuyons-nous sur les combats précédents qui nous prouvent qu’il est possible de gagner quand on met notre confiance en Dieu: David contre Goliath (1), Tobie et Sarra contre le démon qui tuait ses fiancés (2) et, non le moindre, Jésus contre la mort!
J’aurais voulu que les évêques choisissent de lutter avec nous, “jusqu’au sang”. Qu’ils préfèrent créer l’unité avec des parents qui se battent pour protéger la foi de leurs enfants. C’aurait été une belle occasion de communion. Mais ce n’est pas le choix qu’ils ont fait… pour l’instant! J’espère encore que le vent tourne. Parce qu’en ce moment, j’ai le sentiment que leur position, sûrement pleine de bonnes intentions, les amènent plutôt à faire l’unité… avec l’esprit du “monde”.
Ah! Seigneur, je t’en prie, soit notre force! Viens lutter avec nous comme tu as combattu aux côtés d’Israël!
Notes:
(1) Voir 1 Sam, 17.
(2)Voir le livre de Tobie qui raconte cette histoire d’amour et de salut d’une grande
profondeur, particulièrement de bon conseil pour les couples.
J'espère que tous les évêques vous lisent!
J'ai les même mots que vous au coeur.
C'est pathétique d'être abandonnés par nos 'bergers' et pire encore, qu'ils approuvent l'entrée du loup dans la bergerie!
Je suis porte-parole pour la Coalition et j'y travaille toujours.
Il ne faut pas cacher la verite...
par Martin de Quebec à 2008-11-13 21:47:20
Quel dommage que les évêques du Qc ne suivent pas la position officielle de L'Eglise Catholique sur le relativisme religieux (qui ne peut appuyer ce cours). Selon les règles catholiques, les catholiques ne sont pas tenus de suivre la position des évêques si elle n'est pas en accord avec celle de Rome (pour éviter d'égarer les fidèles). Même chose concernant le droit des parents d'avoir accès à des cours catholiques, position défendue par Rome.
Notre Église se divise, il ne faut pas se surprendre qu'elle se détruise à petit feu au Québec.
En plus, la position des évêques égare la sociéte car elle est vue comme un appui et comme étant la position officielle de L'Église catholique (qui doit suivre Rome), et ce n'est pas vrai. On voit actuellement plein de journaliste dans les journaux dirent que les évêques ont appuyés ce cours, donc les catholiques n'ont rien à dire, ils ne sont qu'une clic d'intégriste. Mais en réalite, la CLE défend plus la vraie position catholique (celle de Rome) qui n'est pas en accord avec le fait de donner la même importance à toutes les religions. On ne peut enseigner qu'il n'y a un seul Dieu qu'on doit aimer de tout son coeur (chrétien) et à la fois dire que dans d'autres religions orientales, il y a plein de dieux. Cela entre en contradiction!
Que c'est triste de voir cela. Même pour les catholiques croyants/pratiquants qui restent, les guides spirituels ne les appuient même pas.
Un guide spirituel n'est pas là pour ne pas être contesté (le Christ lui-même l'a été et encore bien plus ses serviteurs), mais pour guider le peuple selon l'évangile et celui de son Église dont le pape est le successeur de Pierre sur laquelle le Christ lui-même a fondé l'Église. Pas pour suivre les tendances du moment ou le moindre dommage d'une situation (ou aller dans le sens de la mode et de la morale libérale pour ne pas déplaire).
J'ai une grande admiration pour le cardinal Ouellet qui me semble le seul à prendre la position que tous les autres évêques n'osent prendrent en public, c'est-à-dire défendre la position officielle de l'Église catholique. Et tant pis s'il y a des mécontents... De toute facon les mécontents en général sont ceux qui ne sont plus vraiment des chrétiens catholiques.
Si les évêques canadiens avaient défendu l'encyclique 'Humanae Vitae' à la fin des années 60, on aurait peut-être pas l'absurdité aujourd'hui de personnes qui se disent catholiques et sont pour l'avortement et le libre choix des femmes. Cela ne va pas ensemble (un des commandements de la Bible dit: 'Tu ne tueras point').
Les évêques doivent éclairer les consciences sur le bien/ le mal/ l'évangile et l'interprétation officielle du magistère de l'Église catholique et non cacher la lampe sous le boisseau...
Le triage est en train de se faire
par gina petrozza à 2008-11-22 23:35:09
Excusez mon francais écrit et le manque d'accents mais je ne pouvais pas resister de mettre mon grain de sel.
Merci d'exprimer ce que j'ai dans le coeur mais n'ose pas trop dire par honte de nos prêtres et évêques qui osent nous dire que ce cours et inoffensif envers nos enfants.
J'ai parlé du cours ECR à mon prêtre de paroisse qui me donne la même histoire que le ministère de l'Éducation. 'La religion est sortie de nos écoles depuis la déconfessionalisation blablabla.' Encore avec un autre prêtre, une autre fois, une autre église. 'Madame, mais vous savez nous vivons dans une société de plus en plus diversifiée'. Mon coeur descend à chaque fois comme si je me sentais caller dans du sable mouvant. J'ai appelé à l'aide au Monseigneur Decaire et encore monseigneur Berthelet et eux aussi arrivent avec le 'Ne vous inquiétez pas, on va surveillez de près le programme', et de la bouche même de notre évêque 'j'ai regardé le program et j'ai lu certains de ces livres pour étudiants, je n'ai rien trouvé de contraire à la vérité.' Comment pouvait-il répondre ainsi, de quelle vérité parlait-il? La vérité qui ne dit rien de LA VÉRITÉ, qui traite Jésus comme un autre prophète, un homme, c'est tout, qu'on omet de dire 'Dieu devenu homme'. Et dire que dans le contexte qu'on mets notre Seigneur dans ces livres pour nos enfants, on enlève tous le sens de sa mission sur terre. C'est-à-dire, qu'il est venu pour nous sauver par SA VÉRITÉ. Il n'est pas mort pour rien, finalement! L'appel que Dieu nous fait et par le voix de Jésus qui nous appelle à mettre notre foi, toute notre foi en Lui, car rien n'est impossible quand on viens a Lui. Il nous tend sa main, son coeur, sa vie. Et maintenant on ose dire que ca va si on dilue son message à travers et parmi tant d'autres messages. La vérité, il y en a pas un tas, il y en a une et nos enfants ont besoin de la savoir. Et même si on la lui enseigne à la maison et qu'au retour à l'école on la remet en question parce qu'on veut lui ouvrir l'esprit à d'autres possibilités de vérité, au nom de la tolérance, qu'elle est le message qu'il doit comprendre? On lui dit en peu de mots qu'il n'en existe pas de VÉRITÉ! C'est pourtant simple à déduire.
Aussi simple à déduire de toute cette expérience que je vis maintenant depuis quelques mois et qu'il se passe en ce moment un triage qui démarque ceux qui comprennent de ceux qui ne comprennent pas, ceux qui acceptent des demi-vérité de ceux qui n'acceptent que LA VÉRITÉ. J'ose enfin dire ceux qui acceptent de ceux qui n'acceptent pas Jésus. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on est arrivé à la fin des temps. C'est trop claire, qu'on est là. Quand l'Église ne peut pas appuyer ses paroisiens dans un combat spirituelle si flagrant, c'est fort probable que l'adversaire de Dieu travaille fort pour des âmes en ce décompte. Il ne nous reste qu'à prier.
Bravo aux concepteurs du programme d'ECR qui n'ont pas caché leurs intentions
par Céline Garneau à 2008-11-29 22:27:29
Le Rapport du groupe de travail sur la place de la religion à l'école en 1999, souvent appelé 'le Rapport Proulx', ne se gênait pas pour avouer l'objectif poursuivi. "Ce nouveau programme d'Ethique et de culture des religions, écrivait-on, (voir page 252 et 253 du Rapport intitulé Laïcité et religions- perspective nouvelle pour l'école québécoise) vise à induire des choix existentiels et éthiques pour infléchir les conduites. Le but, ajoutait-t'on, est d'amener le jeune à façonner ses convictions personnelles en même temps qu'il prend conscience de leur relativité." Ce programme vise donc le relativisme qui atterrit dans l'assimilation à la pensée séculière sans possbilité d'y échapper.
En Ontario, les parents ont six choix: un réseau français catholique, un réseau français protestant, un réseau français laïque; un réseau anglais catholique, un réseau anglais protestant et un réseau anglais laïque.
La laïcité est donc un concept extraordinaire qui permet à la liberté de circuler. Life laïcisme, au contraire s'attaque à la liberté. Chez-nous la pensée séculière c'est la laïcité tordu dans son sens le plus pervers. Son vrai nom est le laïcisme. Il prône la philosophie de l'hédonisme et discrimine tous ceux qui adhèrent à la transcendance.
Extraordinaire, génial la conception du programme de l'ÉCR! Comme si nous, tous les québécois étions de beaux nonos incapables de discerner les intentions profondes d'une petite clic faisant ronfler le ministère de l'Éducation.
Les concepteurs du dit Rapport concernant la place de la religion à l'école, non pas seulement écrit leur intention, ils l'ont publiée dans un tableau à la page 40, en indiquant que le nombre de personnes n'ayant pas de religion était en 1991 un peu plus de 2 500 000. alors que ce nombre n'était que de 263 890. Voilà leur rêve. Cette erreur a été admise par M. Proulx. Erreur qui en dit long sur l'émergence des objectifs visés à l'origine de ce programme.
Comprenons nos évêques. Si nous étions à leur place, nous aurions les mêmes peurs. Peur de nous faire ridiculiser, peur que les mass médias vomissent sur nous. Depuis la Révolution tranquille avouons que nos critiques les ont bien nourris, l'encens fut rare. La seule chance de voir notre clergé s'armer de courage et d'audace pour occuper la première ligne de front c'est de nous mettre à genoux. Nous sommes tous responsables.
Il n'y a qu'un seul remède pour guérir nos peurs, pour guérir leurs peurs: c'est de courtiser l'Esprit saint. La victoire est à ce niveau là.
Homélie du Cardinal Marc Ouellet donnée lors de la messe de solidarité avec la communauté haïtienne de Québec le 15 janvier 2010 à l'église Saint-Dominique de Québec.
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