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La vie est belle! (Le NIC) - Le Samedi 4 Février 2012

Le cri du coeur des parents

"Non à la religion d'État, Oui à la liberté de choix!"

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Mardi 11 Novembre 2008

«Quand on pose la question à madame Courchesne à l’Assemblée nationale, “Pourquoi ce cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR)?”, elle répond: “Pour mieux savoir vivre ensemble”.», s’indigne Antoine Malek, président de l’“Association de la communauté copte-orthodoxe du Grand Montréal”. «On n’a pas besoin de ce cours pour être civilisé, madame la ministre!», a-t-il rétorqué devant l’approbation générale d’une foule emportée.


 : Photo Sophie Bouchard

Photo Sophie Bouchard

C’est en effet le constat que l’on peut faire quand on observe l’ensemble des participants de la marche pour la liberté de choix en éducation qui se tenait le samedi, 18 octobre dernier, à Montréal: catholiques, protestants, islamistes, juifs et même athées! Tant de gens si différents réunis sous une même cause.

Des discours enflammés dignes des plus grands rassemblements des années 70 se sont succédé pour crier l’injustice subie. Même un député adéquiste, Christian Lévesque était présent: «Estce qu’il peut y avoir une plus belle preuve d’un Québec uni qui travaille ensemble pour ses droits que celle qu’on peut voir aujourd’hui? Des gens qui viennent d’un peu partout à travers le Québec, de toutes les origines qui ensemble ont décidé de faire entendre leurs voix pour s’assurer que le gouvernement puisse respecter les choix de chaque parent? Que votre religion ne vous soit pas imposée!»

Exemption ou retrait?

Certains parents, en plus d’avoir complété une demande d’exemption, sont allés plus loin en retirant carrément leurs enfants des cours ÉCR. Madame Marie-Josée Croteau, présidente de la coalition et surtout mère de trois enfants du primaire, a dénoncé les pressions que subissent ces parents.

«Au prix de grands sacrifices, ils sont obligés de retirer leurs enfants du cours. Ça demande beaucoup de courage! Il y a même des parents qui font l’objet d’intimidation de la part de leur direction d’école. Dans certaines écoles, on menace leurs enfants d’expulsion et on menace de signaler ces familles-là à la DPJ. C’est inacceptable! Le gouvernement qui prétend vouloir leur enseigner un vivre ensemble et une tolérance! Parents levons-nous», a lancé à la foule madame Croteau.

Sylvain Lamontagne, parent de Valcourt est venu témoigner, quant à lui, de ce qu’il vit en ayant retiré son enfant de l’école et en même temps, réclamer que tous les parents le fassent pour créer plus de pression sur le gouvernement.

«Ils sortent la malbouffe des écoles et ils rentrent le “fast-food” des religions. Trouvez-vous que cela a du bon sens? Je ne les laisserai pas couper la foi de mes enfants en six, ça, c’est sûr! Il faut aller jusqu’au bout!», a-t-il affirmé avec vigueur.

Me Jean-Yves Côté, avocat bénévole de la CLÉ, en a profité, dans son intervention, pour expliquer qu’il fallait différencier demande d’exemption et retrait du cours. Le fait de remplir un formulaire d’exemption n’oblige pas les parents à retirer immédiatement leur enfant du cours ÉCR. Par ailleurs, il a rappelé, aux parents qui n’avaient pas encore soumis une demande d’exemption, qu’ils ne pourraient pas se prévaloir du jugement de la cour dans le cas où la cause serait gagnante.

Semer la confusion

La présidente de l’Association des parents catholiques du Québec, madame Jean Morse-Chevrier, a tracé une ligne dans son intervention entre rôle de l’État et rôle de parents. «Le rôle de l’État, c’est d’aider les parents et non de contrer l’éducation donnée par les parents, a-t-elle fait valoir. Le parent est l’éducateur principal de son enfant. Avec la coalition CLÉ, nous demandons au gouvernement de réinstaurer un système d’options qui soit respectueux des choix des parents!»

Le pasteur protestant Donald Walsh a voulu, quant à lui, démontrer avec humour la complexité des apprentissages prévus au primaire. «C’est la confusion totale, a-t-il crié. L’autre jour, Me Jean-Yves Côté nous a expliqué les enseignements que nos enfants de six ans allaient recevoir. Il a expliqué. J’ai écouté. Je n’ai rien compris! Il y a quelque chose qui ne va pas! La meilleure façon de détruire la religion et de mettre de la confusion, c’est d’enseigner sept religions en même temps!»

Des appuis inattendus!

Cet après-midi-là, les participants ont eu la surprise d’entendre de larges extraits d’un article du virulent Richard Martineau publié le matin même dans le Journal de Montréal: Dessine-moi un drapeau. C’est Benoît Girouard, président de l’Union paysanne et père de cinq enfants, qui a voulu citer cet homme qui a plutôt l’habitude de s’élever contre le religieux.

Richard Martineau raconte dans son texte que, lors d’un échange au sujet du cours ÉCR, sa fille lui apprenait qu’ils allaient «redessiner le drapeau québécois. Le prof dit qu’il n’est plus représentatif de la nouvelle réalité parce qu’il y a une croix dessus.»

Scandalisé, le chroniqueur s’indigne. «Quand j’entends des choses comme ça (à savoir qu’on doit redessiner le drapeau québécois sous prétexte qu’il contient, ô sacrilège, une croix), j’ai envie de crier.» (1) Et Benoît Girouard aussi! «Avant la liberté de conscience, vous êtes ici parce que vous vous sentez responsables de vos enfants, vous vous sentez responsables de les protéger, responsables de les éduquer. Et cette responsabilité prend ses racines dans l’amour. Parce que vous aimez vos enfants. Mais je vous dis, personne ne pourra nous dire aujourd’hui que l’État aime mes enfants!»

Persévérer pour gagner!

D’autres intervenants sont venus s’adresser aux parents pour les inviter à se lever et à se battre ensemble pour défendre leurs droits. Tout en admettant que cette lutte pourrait être longue, on a invité les parents à s’appuyer sur une autre bataille, vécue et gagnée il y a 30 ans, cette fois par les opposants au cours d’enseignement religieux. Devant le fait que nombre d’élèves se retrouvaient à la bibliothèque, le gouvernement avait été obligé de mettre en place le cours d’enseignement moral pour que les parents aient le droit de choisir. «Les ministres et les gouvernements passent, a souligné avec discernement monsieur Malek, mais les parents demeurent! Après tout, tous les enfants du Québec ne portent pas le nom de Courchesne!»

Note:

(1) Dessine-moi un drapeau, Richard Martineau, Journal de Montréal, Édition du 18 octobre 2008. On peut également trouver l’article sur Internet www.canoe.com/chroniques/richardmartineau.

Voir la courte vidéo où Richard Martineau a été interviewvé sur le sujet à LCN

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Photos Sophie Bouchard


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Vos commentaires

Après Kibeo

par André Normand à 2008-11-14 23:30:41

Et bien le Canada a laissé entrer le mal et oui les voyants avaient vue ce qui se passerait au Québec et voilà c'est arrivé.

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