La théologie du corps décomplexée
Cela fait des décennies que je n’ai pas entendu une homélie sur la chasteté. Il y eût un temps où on en parlait peut-être un peu trop et bien mal. L’Église a-t-elle quelque chose de valable à dire là-dessus de nos jours? Eh bien oui!
Depuis plusieurs années, des personnes dignes de confiance me parlent de la théologie du corps élaborée par le pape Jean-Paul II. J’avoue que les livres trop savants que j’ai feuilletés làdessus m’ont quelque peu intimidé. À chaque fois, je les mets de côté en me disant que je vais en prendre connaissance un de ces jours.
Voici que je découvre ce qu’il me fallait: un tout petit livre qui veut servir d’introduction à la théologie du corps (1). Je l’ai dévoré en deux jours. Il n’est pas facile de résumer en si peu de pages les catéchèses que Jean-Paul II a consacrées à ce sujet de 1979 à 1984. Le père Anthony Percy, un prêtre diocésain d’Australie s’est surtout intéressé à la première partie du texte pontifical qui, cependant, éclaire tout le reste.
Cela repose sur quatre expériences fondamentales de l’existence humaine. Il y d’abord la SOLITUDE ORIGINELLE, où Adam découvre qu’il est différent des autres êtres vivants. Il est seul avec Dieu, certes, mais Dieu constate qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul. Lorsque Dieu crée Ève, celle-ci et Adam constituent l’UNITÉ ORIGINELLE dans laquelle l’une et l’autre s’accueillent spontanément et apprennent à donner et à recevoir.
Libre de toute contrainte, le couple connaît la NUDITÉ ORIGINELLE c’est-àdire la communication, l’ouverture entière à l’autre. Ce n’est qu’après cela que le pape aborde le PÉCHÉ ORIGINEL. Il a tenu à commencer par le commencement, bien avant le premier péché, comme Jésus l’a fait en parlant du mariage (Mc 10.6).
Le deuxième chapitre porte sur les quatre qualités du corps humain. Il est tout d’abord SYMBOLIQUE, c’est-à-dire composé de visible et d’invisible; à la fois physique et spirituel, il renvoie audelà de lui-même. Il est CONJUGAL aussi, fait pour l’amour, dans une relation qui dure. Il est LIBRE aussi mais, à cause du péché, cette liberté est lourdement hypothéquée. Enfin, le corps est RACHETÉ par l’incarnation, la mort et la résurrection du Christ.
Il faut vraiment avoir lu attentivement et intériorisé ce qui précède si on veut bien comprendre et accueillir le troisième chapitre. L’auteur passe en revue divers aspects de l’activité sexuelle à la lumière de la théologie du corps. Tout comme au temps du Christ, notre société n’est pas très favorable au mariage. De plus, nous vivons dans une société saturée d’érotisme qui rend difficile une pensée «autre».
Or le pape enseigne que «l’amour entre l’homme et la femme est pour nous le signe le plus grand de la réalité de Dieu, de l’existence de Dieu. Le mariage, par conséquent, est la plus parfaite image que nous ayons de Dieu».
Il en découle que l’activité sexuelle en dehors du mariage n’est jamais conforme au plan de Dieu, que ce soit la fornication (relation sexuelle avant le mariage et la cohabitation), la contraception, la pornographie, la masturbation et l’homosexualité. Ces sujets sont tellement complexes et importants, j’aurais aimé que l’auteur développe davantage l’enseignement du pape.
J’ai apprécié, cependant, que l’auteur ne demeure pas dans le domaine des interdits mais qu’il termine son court volume en parlant du pardon du Christ et de l’optimisme fondamental de la théologie du corps.
Cette introduction m’a donné le goût d’aborder les catéchèses du pape intitulées Homme et femme ils les créa. Une spiritualité du corps, publiées au Éditions du Cerf en 2005. J’en ferai peut-être éventuellement une recension dans le NIC.
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Note:
1- Anthony Percy, La théologie du corps décomplexée, Éditions de l’Emmanuel, 2005, 92 pages, 18,50$.
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