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Le NIC - Le Vendredi 3 Septembre 2010

Pour meubler les jours de pluie et stimuler l'âme

Des films profanes à valeurs chrétiennes

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Jeudi 29 Octobre 2009

On s’est plaint du temps cet été? Moi, je ne m’en suis pas trouvée si mal. Ça m’a permis d’alléger passablement ma liste de films à voir… même si pendant ce temps, les mauvaises herbes en ont profité pour prendre racine dans mon jardin… Voici donc cinq films que j’ai retenus et que je vous recommande vivement, beau temps, mauvais temps!


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Gran Torino, Etats-Unis, 2008, Drame, 116 minutes, v.o. : anglais, classement : 13 ans + (violence). Réalisation : Clint Eastwood. Interprètes : Christopher Carley, Clint Eastwook, Ahney Her, Bee Vang.

Du bon et du grand Clint Eastwood! Un film d’une intensité remarquable qui sait poser les vraies questions. Un américain tout ce qu’il y a de plus standard à l’air inatteignable et plutôt grognon, vétéran de la guerre de Corée, raciste jusque dans ses tripes, vient de perdre son épouse.

Le jeune prêtre entêté qui tente de lui venir en aide semble ne réussir qu’à susciter davantage de révolte. Leur dialogue sur la foi initie une saine réflexion personnelle sur ses propres convictions.

Cet homme rabougri et amer, même plein de rage, se retrouve coincé, un peu par sa faute, dans une situation de violence où il doit prendre la défense de ceux-là même qu’il méprise. Il s’en suit plusieurs retournements inattendus absolument extraordinaires qui secouent plusieurs préjugés.

Fidélité, héroïsme, gratitude, persévérance, abnégation de soi sont au rendezvous. Et même si au début, les événements se succèdent avec une certaine lenteur, quelques bonnes palpitations sont garanties lors du dénouement que j’aurais d’ailleurs bien voulu commenter…

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Le soliste, Grande-Bretagne, France, 2008, Drame, 117 minutes, v.o. : anglais, classement : G. Réalisation :Joe Wright, Interprêtes : Robert Downey Jr., Jamie Foxx, Catherine Keener.

Un grand film! Mais surtout une grande histoire écrite par celui-là même qui l’a vécue, le journaliste et auteur Steve Lopez. C’est le récit touchant de sa rencontre fortuite avec un itinérant schizophrène ancien prodige au violoncelle.

D’abord intéressé par lui comme éventuel sujet d’article, le chroniqueur du «Los Angeles Times» entre dans une réalité qui lui est inconnue.

Beaucoup d’harmonie, tant dans les images et que dans la musique (surtout Beethoven). Un film où l’on passe de la mesquinerie d’une vie petite, où peu de choses ont de l’importance, à une ouverture du coeur, à la découverte de l’autre, même différent de soi.

Un film où l’on découvre la grâce qui se cache sous un monceau de laideurs. Pas question ici de couvrir ce qui pue. C’est la réalité dans ce qu’elle a de plus cru: l’exigence de la performance, le succès qui conduit à l’orgueil, la violence de l’égoïsme, l’impossibilité d’aimer celui qui est différent, le mépris de la faiblesse, l’espérance de la réconciliation…

Mais aussi la réalité dans toute sa pureté: la liberté, la foi, la passion, le dépassement, l’amitié. Un film qui remplit le coeur!

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Miracle à Santa Anna, États-Unis, Italie, 2008, drame de guerre, 160 minutes, v.o. : anglais, classement : 13 + (violence). Réalisation : Spike Lee. Interprètes : Laz Alonzo, Michael Ealy, Derek Luke.

Un autre film sur la Deuxième Guerre mondiale? Oui. Mais celui-ci est différent. Bien sûr, comme on peut s’y attendre, il y a les scènes brutales de la guerre, la solidarité, la lâcheté, l’injustice, la peur de la mort, la recherche du profit personnel, le courage héroïque, la vengeance, la lutte pour la vie.

Ce qui m’a le plus attiré par contre, c’est l’histoire d’amitié absolument sublime entre un petit garçon resté seul et profondément perturbé par la guerre, tout en étant porteur de joie et un soldat un peu simplet du genre armoire à glace, à la loyauté indéfectible.

Tout au long du film, la foi en filigrane. Pour une fois dans un film contemporain, on n’a pas ignoré le tiraillement profond que vivent des soldats par rapport à la foi, confrontés qu’ils sont à chaque instant à la possibilité de mourir. D’un côté le doute face à un Dieu qui semble permettre tant d’injustice et de l’autre, une confiance totale en sa protection.

Sur la pochette du film: «Cette histoire captivante et édifiante éveillera en vous la bonté tout en laissant un souvenir impérissable.» J’ajoute: touchant aux larmes.

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En famille

Là Haut, États-Unis, 2009, Animation, 96 minutes, v.o. anglais, classement : G. Réalisation : Pete Docter, Bob Petersen. Interprètes francophones (voix) : Charles Aznavour, Rachid Badouri.

Même si j’étais dans la salle de cinéma, je n’ai pu retenir quelques larmes à peine cinq minutes après le début! Eh oui, il s’agit bien d’un film d’animation pour enfant! Ici on a eu la sensibilité qu’il fallait pour faire défiler en quelques minutes, la vie de ces deux jeunes enfants animés d’une passion commune jusqu’à la fin de leur vie de tendres époux, au moment où la jeune fille du début est devenue une vieille dame, puis meurt sans avoir pu réaliser leur projet commun de jeunesse. Elle laisse derrière elle un vieil homme seul, têtu et malheureux.

Obligé de déménager, le vieil homme décide de partir en ballons gonflés à l’hélium avec sa maison… (Oui, je sais, c’est difficile à imaginer, mais c’est tellement féerique!) C’est qu’il a décidé de réaliser son aventure de jeunesse.

Mais ô surprise, voilà qu’un jeune scout rencontré la veille, dévoué, mais quelque peu dérangeant part avec lui, à son insu… Ils braveront ensemble les difficultés et les méchants.

Beau et touchant. Mais pour être parfaitement honnête, je dois dire que sur le coup, la fin m’a quelque peu déçue. Après avoir vécu de si grands sentiments, je n’aimais pas trop la façon dont on se débarrassait sans complexes du méchant…

En faisant part de mes hésitations à mon entourage, je suis parvenue à le voir sous un autre angle: je n’hésiterais certainement pas à me débarrasser du mal de la même façon. Réconciliée avec la fin, je vous le recommande chaleureusement dès sa sortie en DVD.

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Mon petit diable, Inde, Canada, 2001, 88 minutes, v.o. anglais, classement G. Réalisation : Gopi Desai. Interprètes : Om Puri, Pooja batra, Rushabh Patni, Satyajit Sharma, Firdausi, Jussawalla, Gaffar Modi, Rachit Mehta.

Ce film est tiré de la série «Contes pour Tous» produite par Rock Demers. Il détonne cependant des autres films de la collection: «La guerre des tuques», «Bach et bottine» et «La forteresse suspendue», etc. Mes enfants les avaient tous vus à part celui-ci. Le titre me faisait craindre un contenu incompatible avec nos valeurs… Mais j’avais tort! Après l’avoir écouté, mes enfants sont venus me voir les yeux pleins d’eau pour me dire que je devais absolument en faire la suggestion dans Le NIC.

Me voici donc, moi aussi, avec les yeux pleins d’eau…

Un petit indien âgé d’une dizaine d’années, pauvre et qui vient de perdre sa mère est envoyé par son père alcoolique dans un pensionnat catholique loin de chez lui et de ses amis. Déjà brisé par la mort de sa mère, il souffre un isolement qui crève le coeur, doublé d’injustices répétées, jusqu’au jour où il découvre un autre enfant qui vit une misère encore plus grande que la sienne. Il s’adresse au Seigneur qu’il invoque même s’il Le connaît peu. Un film où la souffrance devient don, où la générosité est puisée à même la pauvreté et où la révolte est guérie par l’espérance. Basé sur des faits réels.

Même si ce film date de plusieurs années, il est facile de le trouver puisqu’il est offert gratuitement sur Illico et est disponible dans plusieurs clubs vidéo.


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