Comment franchir le cap de la soixantaine
Après presque 50 ouvrages, comment expliquer que la source de Jacques Gauthier ne se tarisse pas? Au contraire, filtrée par son expérience de vie, elle continue de couler abondamment, avec la fraîcheur de l’Évangile. Voici un livre (1) qui arrive à point. Au mitan de la soixantaine, je me suis reconnu presque à toutes les pages de ce livre. Au point où je me suis demandé: «Jacques Gauthier me connaîtrait-t-il mieux que je ne me connais moi-même?»
Je suis persuadé que de nombreux lecteurs et lectrices auront la même impression. Voilà un livre qui va faire du bien aux personnes qui appréhendent la soixantaine, celles qui la vivent et celles qui s’en souviennent.
L’auteur a un talent remarquable: celui de souligner les ressemblances plutôt que les différences. Qui d’entre nous ne se reconnaît pas dans cette description des caractéristiques des divers âges de la vie? «L’enfance et la conscience d’amour, l’adolescence et la quête du sens, la trentaine et l’accueil de la vie, la quarantaine et la crise du désir, la cinquantaine et la force d’un second souffle, la soixantaine et la voie de l’intériorité, la vieillesse et l’approche de la mort».
Cette évolution humaine est tellement importante que l’auteur y consacre tout un chapitre. Mais auparavant, il aura exploré l’importance pour le ou la sexagénaire, d’assumer son passé, de reconnaître sa faiblesse et d’accueillir sa fragilité. Il va ensuite aborder avec beaucoup de limpidité les phénomènes de la ménopause et son équivalent masculin, l’andropause.
À 60 ans, on est assez vieux pour se parler franchement et l’auteur y va bien directement. Il abordera ensuite avec beaucoup de réalisme et d’enthousiasme ce que signifie devenir grand-parent. Un chapitre suit sur l’art de vieillir. Jacques Gauthier explore ensuite la sécheresse spirituelle qui peut arriver à tout âge mais qui souvent survient à la soixantaine.
Ce livre regorge de conseils aussi judicieux que pratiques puisés à même la riche expérience de l’auteur. Il n’hésite pas à nous offrir aussi la sagesse d’un grand nombre de penseurs, de poètes et de chansonniers. La citation de Jean Gabin, entre autres, m’est allée droit au coeur. C’est bien vrai qu’on ne sait jamais!
J’admire comment, malgré sa vaste culture, Jacques Gauthier demeure si simple et humble. Mais cela est une condition essentielle pour bien vieillir. Car le sexagénaire «va vers ce qui lui semble prioritaire: accueil de ses enfants et petitsenfants, contact avec différents individus, interventions auprès des démunis, engagements divers selon son talent».
On réussira à ces activités dans la mesure où on sera simple et humble, c’est-à-dire conscient de ses propres limites et respectueux de celles des autres.
Souvent l’auteur intercale un paragraphe ou deux destinés aux lecteurs chrétiens. Il poursuit alors sa réflexion avec un éclairage plus ouvertement évangélique. Mais tout ce livre, comme d’ailleurs les autres de Jacques Gauthier, embaume de la bonne odeur du Christ. Exiger que Jacques Gauthier fasse abstraction de son ardente foi en Jésus-Christ, serait comme demander à la violette de renoncer à son parfum.
La grande leçon que je retiens de ce livre c’est que personne ne sait exactement le temps qu’il lui reste à vivre, mais on peut choisir la manière de vivre ce temps qu’il nous reste.
Il y a plusieurs années, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre de Jacques Gauthier sur la quarantaine (2). J’ai beaucoup apprécié celui sur la soixantaine. Je me demande bien ce qu’il nous livrera lorsque nous serons octogénaires…
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Notes:
1-Jacques Gauthier, Les défis de la soixantaine, Presses de la Renaissance 2009, 155 pages, 24,95$.
2-Jacques Gauthier, La Crise de la quarantaine, Sarment-Fayard réédité en 2006, 156 pages,19,95$.
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