Veuillez activer votre javascript

Le Nic - Le Mardi 9 Février 2010

Yves Semen et la “théologie du corps” de Jean-Paul II

L’Église catholique, experte en sexualité!

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Dimanche 21 Juin 2009

NDLR: Cette entrevue avec Yves Semen a été accordée pendant le Symposium sur la théologie du corps tenu à Québec en novembre 2008 et organisé par l'Organisme catholique pour la vie et la famille (1). Dans le même numéro de notre magazine Le NIC, on trouve un autre article complémentaire: La sexualité des époux: voie de sainteté, selon Jean-Paul II et que vous trouverez également sur notre site. C'est ni plus ni moins le résumé de la théologie du corps de Jean-Paul II basé sur les conférences que Yves Semen a donné durant ce symposium.

Sympathique, plein d’humour, un brin comédien et humain dans le sens profond du terme, Yves Semen, Français et professeur de philosophie, a littéralement enchanté les participants au “Deuxième Symposium international sur la théologie du corps” tenu en novembre dernier à Québec. L’auteur de La sexualité selon Jean-Paul II a su décoder et vulgariser l’enseignement innovateur et décapant de ce pape sur l’homme, le corps, la sexualité, le mariage chrétien. Le Nic l’a rencontré afin de savoir quel parcours il a emprunté pour en arriver à décortiquer cet enseignement magistral et méconnu de Jean-Paul II.


Yves Semen : Photo François Guénet

Yves Semen

Photo François Guénet

«Celui qui m’a appris à penser, celui dont je peux dire qu’il a été mon maître en philosophie et qui d’ailleurs a vécu au Québec, c’est Marcel Clément. Marcel Clément qui a été directeur du Journal “L’Homme Nouveau”, qui a été un de mes professeurs et de qui j’ai reçu, au plan de l’intelligence, la plus haute lumière. Il a été, en tout cas en France, le premier et le seul, à avoir vu qu’il y avait une dimension prophétique, par rapport à la nouvelle évangélisation, dans la “théologie du corps” de Jean-Paul II.»

«Et puis, cela a été confirmé dans l’enseignement de théologie que j’ai reçu comme étudiant par Aline Lizotte —Québécoise d’origine— qui m’a également ouvert à cette question de la “théologie du corps”.»

Cet enseignement a été tellement important pour lui, que jeune adulte, il se demande à quoi le Seigneur l’appelle: la vie religieuse? Devenir prêtre? «Où le Seigneur m’attendait-il dans un appel sur la voie de la sainteté? Je me disais: “Est-ce qu’il faut que je sois Dominicain?” J’ai même fait un essai de quelques jours chez des moines bénédictins. Oh! là, là, ce n’était absolument pas pour moi!», avoue monsieur Semen avec certitude.

Par ailleurs, il a du mal à concevoir que l’appel à une vie chrétienne authentique puisse se vivre ailleurs que dans la vie religieuse. «Quand j’ai découvert la “théo logie du corps”, j’ai dit: “C’est ce qu’il me faut!” Ce que j’y ai découvert de plus profond, c’est que, même si très humble, le mariage peut être une authentique voie de sainteté. Une petite voie, un petit peu comme la petite voie de sainte Thérèse, mais pas une vocation de seconde zone.»

Or, très souvent, on a présenté le mariage comme un moindre mal. «Si vous ne pouvez pas adhérer à l’idéal de la vie religieuse, eh bien, mariez-vous! Vous vous contenterez d’un strapontin au paradis», rapporte l’auteur pince-sans-rire!

 :

Le mariage: voie de sainteté

En réponse à cette mentalité réductrice du mariage, assure Yves Semen, Jean-Paul II ouvre des horizons en affirmant que l’appel à la sainteté dans le mariage est inscrit dans la structure de l’homme et de la femme. «Cette sainteté, elle est possible et elle est intrinsèquement liée au mariage dans la mesure où tout le mystère de la vie chrétienne est un mystère d’épousailles: les épousailles du Christ et de l’Église.»

«Ouvert à cela, le problème ensuite, c’est qu’il fallait que j’en trouve une (épouse)! Avec un pauvre type comme moi, ce n’était pas évident», rigole-t-il. Un deuxième événement marquant arrive lorsque, ayant trouvé sa future épouse, ils font une retraite ensemble au Foyer de Charité de Chateauneuf de Galaure. «Le prêtre qui nous accompagnait pendant nos fiançailles était le père Colon, père des Foyers de Charité, ancien médecin et qui a été accompagné par Marthe Robin dans sa vocation tardive comme prêtre. Avec ma fiancée, je lui faisais part de notre enthousiasme pour la “théologie du corps”.»

Toutefois, son zèle ne semble pas partagé par le prêtre qui craint une approche trop difficile: «“Tu dis ça parce que tu es philosophe, tu peux comprendre. Mais personne n’y comprendra jamais rien! Moi, j’ai essayé de lire, c’est inintelligible, c’est compliqué comme tout. À moins qu’un couple chrétien et un peu philosophe soit capable de décoder ça pour en faire une traduction à la portée de tout le monde… Dis, tu ne voudrais pas t’y mettre avec ta fiancée?” N’empêche que ce livre, on me l’avait demandé il y a 25 ans», souligne l’auteur!

Une longue gestation pour aboutir à ce premier livre. «C’est quelque chose qui m’a accompagné. J’avais lu un peu les audiences, je les avais méditées —pas toutes d’ailleurs— mais je connaissais la substance du message, qui n’était absolument pas connu en France. La seule chose qui a été publiée en France sur la “théologie du corps”, c’était une petite plaquette de 60-80 pages d’Aline Lizotte qui s’appelait “Le Don des époux”.»

Yves Semen : Photo Sophie Bouchard

Yves Semen

Photo Sophie Bouchard

À force d’en parler…

Passionné par sa découverte, Yves Semen en parle fréquemment à ses amis jusqu’à ce qu’on lui suggère d’en faire de petites causeries: «Tu n’as qu’à nous réunir et tu nous expliques pourquoi c’est si important». Il commence aussi simplement que cela, à la maison, en invitant des amis.

«Au début on était une vingtaine, puis une trentaine et c’est monté à 50, 60. On faisait ça au coin du feu. Et c’est là que j’ai commencé à travailler les audiences de manière un petit peu plus systématique. On a fait ainsi pendant deux ans et demi, puis comme il y avait trop de monde pour la maison, on a fini par le faire dans la salle paroissiale à côté.»

On en redemande, on lui suggère d’écrire un livre, mais lui objecte le problème du temps. L’idée de faire dactylographier les conférences enregistrées germe dans son esprit. Il n’a cependant pas les ressources financières pour un projet de cette envergure.

«Et puis, un jour, j’ai rencontré des gens en Suisse que je connaissais bien et qui avaient un petit peu de fortune. Je ne sais pas comment, mais voilà qu’ils viennent à parler de la “théologie du corps” de Jean-Paul II. Je leur parle de ça et je vois leurs yeux qui s’ouvrent. Madame me dit, “Il faut absolument que vous écriviez un livre là-dessus”!» «Je réponds: “Je n’ai pas le temps. Bien sûr, j’ai l’enregistrement des conférences, faudrait dactylographier ça.” “On s’en occupe, répondent-ils! Il faut combien?” Là, j’étais au pied du mur. J’avais le sentiment intérieur qu’il y avait là une invitation du Seigneur. Les obstacles qui tombaient; c’était signé: le Seigneur!»

Il commence le travail sans trop y croire. «De toute façon, ça n’aura pas beaucoup de diffusion. Avec les droits d’auteurs, j’aurai juste de quoi offrir un bon restaurant à ma femme!», se dit-il à l’époque, incapable d’envisager le succès qu’aura son livre.

«Et c’est extraordinaire ce qui s’est passé! Parce que ce n’est pas de moi, ni le fruit d’un calcul ou d’un plan. J’ai été conduit, un peu malgré moi. Peut-être qu’une des raisons pour lesquelles le livre s’est bien diffusé, c’est qu’il partait d’un enseignement oral qui, automatiquement, était proportionné, plus accessible? Cela aurait pu être beaucoup plus fouillé, soigné et scientifique. Mais peut-être ne le fallait-il pas…?»

 :

L’audace d’un éditeur

D’abord refusé par des éditeurs catholiques parce que jugé «trop spécialisé, trop pontifical, trop papiste», son ouvrage sera finalement publié par Les Presses de la Renaissance, un grand éditeur laïque. «Au moment de publier, l’éditeur me téléphone, et me dit: “Je viens de voir sur Internet que la “théologie du corps”, ça se développe comme une traînée de poudre aux États-Unis. Il y a un certain Christopher West qui a un succès colossal. On devait faire un tirage à 3000? On change pour 9000! Une mise en place à 2500? On fait à 7500!” Je réponds: “Vous êtes sûr?” “Oui, oui, il n’y a aucun problème, je sens le coup”», raconte l’auteur, mimant tour à tour l’enthousiasme de l’éditeur et sa stupeur d’alors!

Il n’avait pas fini d’être étonné. Il propose un titre à son goût, poétique et, de surcroît, comportant un jeu de mots: “La sexualité révélée”. «L’éditeur me dit: “Non, c’est complètement nul d’un point de vue marketing! Il faut mettre “La Sexualité selon Jean-Paul II”. Il y en a qui vont croire qu’on va leur parler de la sexualité du pape, ça va faire vendre”!», se souvient l’auteur, encore abasourdi.

Non sans une certaine inquiétude de choquer, il accepte le titre et le tirage qu’il juge «complètement fou» pour un livre de spiritualité d’un auteur inconnu. L’éditeur pose tout de même une condition: «Vous venez faire le briefing (conférence, exposé, présentation) commercial à tous mes distributeurs commerciaux qui ne sont pas “cathos”; il faut que vous leur vendiez le truc! Généralement, c’est moi qui le fais, mais je vous ai entendu parler de “la théologie du corps”; vous êtes passionné, vous allez les passionner!»

Yves Semen se demande tout d’un coup comment il a pu se faire emberlificoter de la sorte. «Je me disais: “Je ne voulais pas faire ça! Moi, je voulais seulement faire des causeries à mes copains au coin du feu sur “la théologie du corps” parce que c’est la raison pour laquelle je me suis marié! D’abord, des conférences de plus en plus nombreuses, maintenant un bouquin. Je pensais un bouquin gentil, avec une diffusion quasi confidentielle. Maintenant, c’est parti autrement: il faut que je fasse le briefing”!»

L’éditeur ne s’arrête pas là. Convaincu que la presse catholique suivra, il fait un plan média où on ne s’adressera qu’aux médias profanes comme Le Figaro, Le Monde, etc. «C’est ce qui s’est fait. Et le bouquin s’est très bien vendu tout de suite et puis il ne cesse pas d’être réimprimé. On en est à 20 000 exemplaires en français, il a été traduit en espagnol, en italien, en polonais et en portugais!»

Depuis sa publication en 2004, l’auteur a donné près d’une centaine de conférences en France, en Suisse, en Italie, en Belgique et maintenant au Canada. «L’été dernier, on m’a même demandé de prêcher une retraite à des couples sur ce thème. Donc, je me trouve prédicateur de retraites», s’exclame le philosophe!

À l’occasion de ces retraites et conférences, il reçoit parfois «des confidences tellement touchantes. Je veux bien parler, mais je ne confesse pas quand même! Des hommes, des femmes viennent me voir en me disant: “Je ne peux pas le dire à un prêtre, il ne comprendra jamais!” Ils se libèrent de souffrances parfois terribles, parce qu’ils trouvent une oreille qui, peutêtre, leur semble plus accessible.»

Institut Philanthropos : Photo archives Philanthropos

Institut Philanthropos

Photo archives Philanthropos

Un autre appel

Actuellement, ses engagements pour des conférences et des sessions de formation sur cette théologie occupent entre le cinquième et le quart de son temps. Que fait-il le reste du temps? Eh bien, en plus de s’occuper de ses huit enfants —rien de moins!— il enseigne la philosophie politique à la Faculté libre de philosophie de Paris. Mais ce n’est pas tout. Il a trouvé le moyen de fonder, avec le père Nicolas Buttet, l’Institut Philanthropos, un institut chrétien d’études anthropologiques.

«C’est Nicolas Buttet qui avait cette idée d’institut. Un ami commun qui nous avait dit: “ Vous connaissez Nicolas Buttet? Vous auriez avantage à vous rencontrer”. Même du point de vue du style, on n’est pas tout à fait dans le même registre, avoue-t-il en riant sans retenue! Moi, j’ai plutôt travaillé dans les milieux d’argent. Et lui, c’est la pauvreté évangélique radicale…».

Dès leur première rencontre, la connexion se fait, et ce, malgré leurs différences. Leur altérité s’illustre bien dans cette petite anecdote qu’il raconte avec bonne humeur. «Nous étions dans une salle uniquement meublée de deux chaises pliantes, dans sa maison d’Epinassey, où est née la “Fraternité Eucharistein” qu’il a fondée. On discute longuement, puis il m’offre de rester à coucher pour la nuit. J’accepte.»

«À la fin, il me dit: “Bon, je te laisse. Les toilettes et les douches sont juste de l’autre côté. Bonne nuit!” Je regarde autour de moi et me dis: “Je dors où moi? Il ne m’a pas indiqué la chambre… ” Dans le coin de la pièce, je vois une espèce de machin plié par terre. J’ai dit: “Ça doit être le lit”. Ce n’était même pas assez grand pour couvrir! Le lendemain j’ai appris que c’était la pièce la plus confortable parce qu’elle était chauffée…»

Plus tard, le père Buttet le contactera de nouveau pour lui parler de son projet d’institut. Ils se rencontrent dans un café pour en discuter. «On parle à bâtons rompus, c’était fabuleux. Je disais “il faut y aller!”»

Il y avait aussi un groupe d’universitaires catholiques qui s’étaient greffés au père Buttet et formaient une sorte de comité de réflexion. «On mettait ça en commun une fois tous les mois ou tous les deux mois pour faire avancer le projet. Cela a dû prendre trois ans.»

L'heure du repas à l'Institut Philanthropos. : Photo archives Philanthropos

L'heure du repas à l'Institut Philanthropos.

Photo archives Philanthropos

Un aveuglement nécessaire

Au moment de démarrer, on lui demande s’il accepte de prendre le leadership du projet, sa mise en place opérationnelle. «Alors là, j’ai fait un choix professionnel. Il se trouve que, providentiellement, c’était possible. J’avais assez bien gagné ma vie auparavant et j’avais quelques petites réserves pour m’engager dans ce truc qui était complètement dingue lorsqu’on a charge d’une famille de huit enfants.»

C’est en février 2004 qu’ils décident de se lancer pour une ouverture en septembre. «Or, il n’y avait pas de plaquette, il y avait un corps professoral potentiel, mais les gens n’avaient pas dit oui. Il n’y avait aucun document! Pas de logo, à peine un nom. Il y avait un projet de 12 pages dactylographiées. On partait de presque rien!»

Pourtant, quelques mois plus tard, 20 étudiants commencent leur formation. «Ils ont été envoyés vraiment par le Seigneur! Ça s’est lancé d’une manière un peu folle, dans la confiance. On ne savait pas que c’était impossible, c’est pour ça qu’on a osé!» Il semble qu’ils aient bien fait puisque le nombre d’étudiants augmente lentement chaque année. Cette année, 31 étudiants dont une Canadienne.

Les frais demandés aux étudiants s’élèvent environ à 50% des coûts. Il faut donc trouver la balance tous les ans. «Jusqu’à maintenant, chaque fois c’est arrivé. Ce sont des choses qu’on a mises dans les mains du Seigneur. Les enseignants enseignent bénévolement ou quasi bénévolement. On donne juste une petite indemnité à ceux qui n’ont pas d’autres sources de revenus.»

«On n’a presque pas de moyens, on travaille avec des bouts de ficelle, on fait de l’artisanat, dans une vraie pauvreté évangélique mais avec des professeurs extraordinaires de dévouement. Et c’est incroyable, ces jeunes sont marqués au fer rouge, ils sont marqués pour la vie! C’est mystérieux.»

Aux dires de l’auteur, c’est aussi le cas pour son livre. «Des bouquins sortent avec grand tapage, mais qu’est-ce qu’il en reste? Et moi j’ai bricolé dans mon coin; j’ai seulement essayé d’expliquer simplement ce que moi-même j’avais compris et reçu de l’enseignement de Jean-Paul II! Et il se trouve qu’il y a des gens qui me disent: “Vous avez bouleversé notre vie.” Je n’arrête pas de dire: “Ne faites pas de moi un imposteur! Vous m’applaudissez, mais ce n’est pas moi! C’est Jean-Paul II!” Et Jean-Paul II dirait, ce n’est pas moi, c’est l’Esprit Saint!»

«C’est pour ça que le seul moyen que j’ai trouvé pour me faire sortir de cette imposture c’est de faire systématiquement prier pour la béatification de Jean-Paul II à la fin de mes conférences. Au total j’ai fait prier 12 000 personnes pour sa béatification! Alors, je me dis qu’un jour, il me serrera la pince», conclut-il en souriant!

(1) Il est possible de se procurer des CD des quatre conférences données par Yves Semen à l'occasion du Symposium auprès de l'Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) en cliquant ici.


Voir la revue associée à cet article

Vos commentaires

Ajouter un commentaire


Votre nom complet :

Question mathématique : 8 + 4 =

Votre commentaire :


Identification des abonnés au magazine Le Nic.
Concours - Sauvons Le NIC!

Participez à notre grand tirage pour tenter de vous mériter cette magnifique oeuvre, en trouvant de nouveaux abonnés à notre magazine Le NIC.

Huile, 20 x 24 pouce, valeur de 1200$. : Photo et oeuvre de Daniel Abel

Huile, 20 x 24 pouce, valeur de 1200$.

Photo et oeuvre de Daniel Abel

Pour les détails du concours et pour savoir comment doubler vos chances de gagner, suivre ce lien.


Pour s'abonner par la poste ou en ligne (paiement sécurisé)

Nos blogueurs ont des choses à dire!

Articles les plus récents

Célébration eucharistique pour Haïti

Homélie du Cardinal Marc Ouellet donnée lors de la messe de solidarité avec la communauté haïtienne de Québec le 15 janvier 2010 à l'église Saint-Dominique de Québec.

Découvrir le rite Melkite - La mission de Québec

Reportage sur la Mission Melkite de Québec et certaines particularités de cette Église grecque catholique.


Abonnement gratuit pour les nouveaux mariés

 :

Le Magazine Le NIC offre un abonnement gratuit de 1 an aux nouveaux mariés canadiens (2 ans et moins). Abonnement électronique disponible pour ceux qui habitent à l'extérieur du Canada. Pour détails: lenic@spirimedia.com.

Petite histoire de la revue
Inscription au flux RSS

Veuillez activer votre javascript


Le référenceur des

meilleurs sites catholiques francophones