Les origines catholiques de la Révolution tranquille
Il ne se passe pas une journée sans que quelqu’un n’écorche au passage l’Église catholique. C’est un refrain obligé dans la plupart des médias. À force de médire, on finit par se croire! Il faut se demander d’où vient cette morgue tranquille qui dénigre l’Église sottement.
Peut-on identifier les causes de ce qu’on pourrait qualifier d’anticatholicisme pédant. Le jeu en vaut la chandelle car on pourrait travailler directement sur elles. Comme dans le cas de la grippe, trouvons le virus et neutralisons-le. C’est justement l’objet d’un colloque qui se tiendra dans la région de Montréal en juillet prochain.
«Les origines catholiques de la Révolution tranquille», c’est le titre d’une étude historique de Michael Gauvreau, publié chez Fides à Montréal en 2008, titre qu’emprunte le colloque. Ce livre est recensé dans le numéro précédent du NIC (Vol 34, no 7, 24 mai 2009) par Jean-Robert Gauthier. Quel est le lien entre Révolution tranquille, son origine religieuse et l’anticatholicisme actuel?
M. Gauvreau propose une distinction entre Révolution tranquille culturelle et Révolution tranquille politique. La première commence vers 1930 avec l’apparition des groupes spécialisés de l’Action catholique. Leur apport est considérable:
1. Affirmation de la supériorité spirituelle de la jeunesse face aux anciens, amorphes, et au clergé, routinier.
2. Volonté de développer un nouveau catholicisme.
3. Séparation entre l’avant, le passé, et l’après, l’avenir, c’est le concept central de la Révolution tranquille.
4. Priorité à l’initiative laïque et égalitaire.
La seconde phase, la politique, débute symboliquement le 22 juin 1960, lorsque le Parti libéral du Québec, dirigé par M. Jean Lesage, ministre du gouvernement libéral à Ottawa, parachuté au Québec, prend le pouvoir au détriment des Conservateurs de l’Union nationale dirigée par le premier ministre Antonio Barrette. C’est la date fétiche du déclenchement de la Révolution Tranquille politique.
Alors s’effondre un régime politique dirigé par les anciens que certains malicieux ont qualifié de Grande Noirceur. Débute un nouveau régime dirigé par l’idée de changement et une nouvelle élite administrative. Ce fut un grand chambardement, un immense chantier social, économique, éducatif. Le budget de l’État bondit de 500 millions de dollars à 3 milliards de dollars annuellement. Jean Lesage a compris les aspirations des électeurs, il leur propose de relever de nombreux défis, au son de son fameux «désormais», pour contrer le «marasme» de la nation!
Cependant, je crois qu’on peut penser à une troisième Révolution tranquille construite sur les bases des précédentes. Elle porte sur la reconstruction de l’homme lui-même. C’est l’objet du cours d’Éthique et de culture religieuse odieusement imposé par l’État à tous les étudiants du primaire et du secondaire. Nous sommes dans cette troisième Révolution. Et qui en sont les ingénieurs? Ceux qui ont été de l’Action catholique!
J’assistais en janvier dernier à une soirée d’études sur le sociologue Fernand Dumont que j’appelle le père québécois de la reconstruction de l’homme. Le présentateur n’était autre le professeur J.P. Proulx, auteur du rapport Proulx sur la déconfessionnalisation du système scolaire! La salle était remplie de catholiques émancipés de l’Église et mandarins gâtés de l’État.
Je ne suis pas un acteur de la Révolution Tranquille culturelle ou politique. J’étais trop jeune à la première et j’ai décroché de la seconde très tôt. Ayant grandi avec les deux, maintenant, je suis dans la troisième et je ne peux me contenter d’en être le témoin passif et outragé.
L’Institut Rocher, la revue Égards, Campagne Québec-Vie et la paroisse Sainte-Julienne organisent pour la troisième année ce colloque annuel le dernier jeudi de juillet, de 10h à 17h, dans un climat champêtre. On pourra entendre des conférenciers chevronnés dont MM. Jean Renaud de la revue Égards, Gilles Paquet de l’Université d’Ottawa et deux autres à confirmer. On s’inscrit avant le mardi 28 juillet 2009, auprès de la paroisse Sainte-Julienne, 2417 rue Victoria, Sainte-Julienne, Qc, J0K 2T0, 450-831-2321, par chèque ou carte de crédit. Les frais d’inscription sont de 35$ par personne, incluant le repas de midi.
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