La tradition missionnaire de Québec se poursuit
À l’heure où les séminaires du Québec souffrent d’un manque de vocation, le diocèse de Québec, lui, se lance dans une entreprise que certains pourraient qualifier de délirante dans le contexte de sécularisation actuelle: ériger un Séminaire missionnaire international en collaboration avec le Chemin Néocatéchuménal! Une audace que le cardinal Marc Ouellet a osé célébrer à la cathédrale de Québec, le 19 avril dernier, dans une église bondée d’une foule joyeuse.

Voici les séminaristes, dans l’ordre habituel: Alex, 19 ans, Italie; Mateo, 22 ans, Italie; Franklin, 22 ans, Équateur; Lukasz, 25 ans, Pologne; Laurent, 33 ans, France; Ricardo, 19 ans, Honduras; Victor, 28 ans, Espagne; Pierre, 46 ans, Québec.
Photo Paul Langlois
Il y avait de quoi se réjouir puisque c’était également le moment choisi pour souligner deux autres événements importants pour les membres du Chemin Néocatéchuménal (1): l’approbation définitive de son statut par le Saint-Siège et les 40 ans (32 ans au Québec) de fondation de cet itinéraire de formation chrétienne.
«Nous aurons la joie, à la fin de cette célébration, a annoncé le cardinal pendant son homélie spontanée, de présenter les jeunes qui font partie de ce “Séminaire missionnaire international” que j’ai érigé le 25 janvier dernier, par décret, le jour de la fête de la conversion de Saint-Paul. Parce que ce séminaire, c’est un séminaire pour la nouvelle évangélisation. Et donc, pour évangéliser des baptisés qui ne sont pas conscients de ce qu’ils ont reçu dans leur enfance ou de ce qu’ils ont perdu en chemin et qui ont besoin d’être nouvellement évangélisés, comme le Chemin en témoigne depuis 30 ans ici à Québec.»
On dit que ce séminaire est international parce que ses séminaristes proviennent de partout dans le monde. En effet, après un premier discernement vocationnel, tous ceux du Chemin Néocatéchuménal qui se sentent appelés au sacerdoce sont réunis dans le cadre d’une rencontre internationale avec les fondateurs de cet itinéraire, explique le père Isidoro Tomasoni, responsable du Chemin au Canada.
Au terme de cette rencontre de plusieurs jours, on prépare deux sacs, l’un contenant le nom des séminaristes et l’autre celui des 72 séminaires Rédemptoris Mater répartis dans 45 pays. Le responsable pige alors un nom dans chacun des sacs. Ainsi, après avoir consenti à cet appel, un Japonais pourrait être envoyé en Pologne, un Québécois en Afrique et un Bolivien en Finlande.
Cette année, c’est plus de 200 nouveaux séminaristes qui ont été envoyés. Au Québec, il y a huit séminaristes dont sept viennent de l’étranger. Un Québécois s’est également joint au groupe. Diacre depuis l’automne, Pierre Labranche avait déjà complété sa formation académique au séminaire de Toronto. Ordonné au sacerdoce le 23 mai 2009, il est le premier prêtre sorti de ce séminaire. Dans les prochaines semaines, un Bolivien et un séminariste de la République Centre Afrique doivent se joindre au groupe.
Depuis leur arrivée au Québec, ces séminaristes ont été accueillis dans des familles, entre autres, pour favoriser l’intégration et l’apprentissage de la langue. Cependant, dès l’automne, ils pourront intégrer leur séminaire. L’édifice, véritable «cadeau de la Providence» aux dires des responsables, a été offert par l’Institut séculier des auxiliaires franciscaines.

Le 19 avril dernier, le cardinal Ouellet célébrait dans la joie l’ouverture du Séminaire Missionnaire International en collaboration avec le Chemin Néocatéchuménal.
Photo Paul Langlois
Une grâce de plus!
«Ce Séminaire missionnaire international, qui ne fait surtout pas concurrence au “Séminaire diocésain”, précisait le cardinal pendant la célébration, suscitera aussi, dans notre milieu, de nouvelles vocations. Et la tradition de l’Église de Québec, qui est profondément missionnaire —c’est le diocèse au Canada qui a certainement envoyé le plus de missionnaires dans le monde—
cette tradition continue, continuera. En particulier à travers ces jeunes qui deviendront prêtres, qui seront incardinés au diocèse de Québec, mais que le diocèse de Québec enverra là où les besoins sont les plus urgents, sans doute, dans les diocèses périphériques, soit du Canada, du Québec, ou d’ailleurs.»
En commentant l’évangile du jour, celui où Thomas, l’incrédule, a la grâce de voir Jésus Ressuscité en personne, le cardinal affirme que «Le don de Dieu est concret. Il nous invite à être concrets dans notre amour, comme le rappelle le témoignage de la première communauté chrétienne, où, pour manifester leur foi dans le ressuscité, ils ont commencé un nouveau style de vie complètement, où tout était en commun. C’était un témoignage du ressuscité.»
«Quand nous adoptons sa manière d’être, a-t-il continué, la vie change. Nous donnons un signe dans notre société, un signe d’espérance, un signe de paix, un signe d’unité, de réconciliation. Et c’est notre mission. C’est la mission du Chemin.»
«Et ce beau témoignage que vous apportez aujourd’hui à la cathédrale de Québec, eh bien! c’est une promesse d’avenir. C’est un signe d’espérance. Avec les familles, avec les enfants, avec des amis, et avec cette foi dans le Ressuscité, le Vivant qui nous met debout, en toute circonstance. Qui nous met aussi, le courage dans le coeur, pour témoigner publiquement, pour ne pas avoir peur de dire notre foi dans le respect d’autrui.»
En terminant son homélie, le cardinal a invité l’assistance à la reconnaissance pour tout ce que fait le Seigneur. «Chers frères et soeurs, remercions le Seigneur, accueillons cette joie et demeurons dans cette Action de grâce. Le Seigneur nous apporte une paix qui est miséricorde. Il nous apporte aussi un don d’espérance pour l’avenir parce que ces familles que vous formez donnent des vocations.
«Et ces vocations, a précisé le prélat, se consacrent à Dieu et poursuivent ce ministère de la réconciliation, de la miséricorde, qui est tellement vitale pour assainir l’état de l’humanité aujourd’hui. Louez soit Dieu pour le Seigneur qui est vraiment ressuscité, Alleluia, Alleluia!»
Avant la bénédiction finale, après avoir présenté chacun des séminaristes et les responsables du séminaire, les fidèles ont entonné un «Te Deum» (à Toi Dieu) chanté avec une joie et une force à faire trembler les murs de la cathédrale (2). Expression certaine de leur reconnaissance pour tous les bienfaits du Seigneur.
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Notes:
1- Pour plus d’information, procurez-vous le minidossier sur le Chemin Néocatéchuménal qui a été publié dans notre édition du 1er mars 2009: 450-834-8503 ou lenic@spirimedia.com.
2- Certains extraits de cette célébration peuvent être visionnés directement sur le portail médias du diocèse de Québec (www.ecdq.tv), dans la section événements diocésains, événements divers sous l’appellation Fête de la Divine Miséricorde.
















