Le dieu de la capote!
Le Saint-Père s’est fait traiter de tous les noms: meurtrier, assassin, criminel, autiste… Certains ont menacé de le faire paraître devant le Tribunal pénal international. Quand on touche au dieu, ça capote fort!
Tout ça pour avoir dit la vérité sur le dogme du condom et son dieu le sexe: «…on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement: le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent».

Des membres de la Fierté gaie et lesbienne manifestaient contre les commentaires du pape autour de la pandémie du sida, le 30 mars, devant la basilique de la Fourvière, à Lyon, France, sous le slogan: "Oui à la capote, non à la calotte".
Photo CNS/Robert Pratta, Reuters
Dans cette réponse —qui n’a JAMAIS été rapportée par les médias— c’est la vérité qui choque: «âme», «aide», «engagement », «humanisation de la sexualité», «renouveau spirituel et humain», «nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre», «véritable amitié surtout pour les personnes qui souffrent», «disponibilité», «sacrifices», «renoncements personnels», «être proches de ceux qui souffrent».
Voilà des mots trop humains, trop aimants, trop empreints d’amour envers le prochain. Voilà un discours passible de crime contre l’humanité.
La vérité est insupportable quand elle sort de la bouche de l’Église catholique. L’abbé français Maillard de la Morandais interrogé à France-Soir disait, avec un humour des plus noirs: «[L’Église] est face à une crise de confiance par rapport aux déclarations du pape, pas toujours très diplomatique. Cela dit, le Christ n’était pas diplomatique et ça s’est mal terminé».
On ne supporte pas l’amour véritable… ni même le langage véritable. Le Christ a été crucifié pour avoir dit la vérité; le pape n’est pas et ne sera pas épargné. C’est pour ça que sa robe est blanche au pape… pour qu’on puisse mieux voir le sang du martyre…
La presse occidentale incarnait à merveille les prêtres du Sanhédrin; l’accusé était condamné d’avance et tout ce qu’il aurait pu dire pour sa défense n’aurait servi à rien. Plusieurs Apôtres ont même pris la fuite pour ne pas avoir à répondre de leur foi. Bien des disciples ont simplement retournés leur veste… Ironiquement, tout ça pendant le carême…
L’accusé a questionné bien plus que le condom; il a osé dire la vérité sur le sexe. C’en était trop! «Que l’Église se taise! On ne veut plus l’entendre sur la sexualité! Elle n’est pas compétente en ce domaine! Sa morale sexuelle se fait toujours sur le dos des femmes. Qu’elle se contente de parler de paix, de pauvreté et de justice sociale»1, affirmait une féministe, professeur de Science des religions de l’UQAM, invitée à Christiane Charrette… et l’abbé Raymond Gravel de renchérir: «Ce qu’il nous faudrait c’est une femme pape!».
Misère…
Je ne suis pas théologienne, mais… c’est bien le Décalogue, Parole de Dieu, qui interdit l’adultère? Est-ce bien Paul qui écrit longuement sur la morale sexuelle? Et puis, Jésus, ne ditil pas à la Samaritaine ses quatre vérités sur ses cinq maris et son concubinage? Faudra-t-il leur dire, à eux, qu’ils n’ont plus la «compétence» depuis l’avènement du féminisme? Car vous savez… Dieu est un PÈRE, Paul un HOMME et Jésus un FILS… On ne s’en sort pas!
Blague à part, la vérité c’est que l’Église est experte en sexualité et en amour. Elle se base sur des millénaires d’expérience et elle sait très bien que la nature humaine est toujours la même: l’amour la fait vivre et le sexe sans amour la tue (2).
Le sexe est un dieu intouchable, le représentant par excellence de la sacrosainte liberté. Le pape l’a remis en question et il a subi les foudres des ONG, des journalistes, des politiciens, des féministes, des médecins, des communistes, des homosexuels, des scientifiques, des artistes… Tous ont sauté sur l’occasion pour laisser couler leur anticatholicisme.
Le Saint-Père a réitéré l’idée que le condom à lui seul ne vaut rien… La dernière conférence internationale sur le sida en venait à la même conclusion (3). Il y a le traitement de la trithérapie qui devrait être gratuit, il y a aussi l’éducation, et la morale, et la fidélité, et l’abstinence… et il y a le condom. Mais au-delà de tout ça, il y a «l’âme», «l’aide», «l’engagement», «l’humanisation de la sexualité», «les renoncements personnels»… Des choses autrement plus exigeantes que d’envoyer en Afrique des camions remplis de capotes…
Notes:
1- On voudrait tant, au fond, que le pape ne soit qu’une sorte de Dalaï-lama à qui on ne pose jamais de questions-pièges.
2- Il s’agit de relire le Lévitique pour s’en convaincre… Pour quelle raison Moïse avait-il besoin de spécifier que l’homme et la femme ne devaient pas s’unir à une bête? Je vous laisse deviner… (Lv18, v. 23).
3- Les experts étaient tous d’accord pour dire qu’il fallait une «multiprévention», c’est-à-dire qui agit à tous les niveaux en même temps. Voir l’article de Libération, qui s’est risquée à dire la vérité sur le dogme du condom: http://societe.blogs.liberation.fr/laplumeetlebistouri/2009/03/sida-les-limites-du-toutpréservatif.html
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Benoît XVI, Communications/Médias, Discernement, Église catholique, Foi, Mission, Santé, Sexualité, Sida, Voyage du Pape en Afrique (2009)







