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Le Nic - Le Mardi 9 Février 2010

Lettre ouverte aux évêques du Québec

Sortez de votre torpeur: instruisez, annoncez, dénoncez!

La  rédaction
Par La rédaction
Canada
Dimanche 3 Mai 2009

NDLR: Nous reproduisons ici un véritable cri du coeur, une lettre qu'un de nos lecteurs a adressée aux évêques du Québec au sujet du cours d'éthique et de culture religieuse et que nous avons tirée de notre revue du 3 mai 2009.

Très chers évêques du Québec,

Je voudrais commencer en soulignant mon amour profond de l’Église universelle, ainsi que mon respect pour l’ordre établi. Je reconnais aussi le devoir que j’ai de ne pas alimenter la critique et de vous porter d’abord et avant tout dans la prière. Vous avez été choisis par le Christ pour être nos pasteurs; vous êtes donc davantage soumis aux ruses du démon, car si le pasteur est frappé, il est plus facile de disperser le troupeau. Soyez donc assurés de mon amour et de ma compréhension, je ne parle pas pour détruire, mais pour bâtir.


 : Photos Roxane Lemire

Photos Roxane Lemire

Après avoir lu votre position, écouté vos commentaires et même avoir abordé le sujet (NDLR: Le Programme gouvernemental d’éthique et de culture religieuse) avec l’un de vous, je désire vous interpeller; nous avons besoin de votre soutien! Je suis père de quatre enfants, et ce cours obligatoire est une insulte à ma foi et à mes droits fondamentaux. Je ne veux pas que la «suffisance identitaire»1 (la foi en Jésus et les vérités sur l’homme en découlant) que je transmets à mes enfants soit attaquée publiquement en les obligeant constamment, entre 6 à 16 ans, à la remettre en question à l’école.

Quels sont les principaux points que vous invoquez pour donner la chance au cours de faire ses preuves?

  • Prédominance de l’enseignement chrétien dans le cours ÉCR;
  • vigilance de votre part pour voir les conséquences sur les enfants et prise en charge de la formation religieuse par l’Église;
  • bon cours pour favoriser le respect mutuel et la compréhension positive du fait religieux, car il permet aux enfants de s’exprimer et de se comprendre;
  • vous ne pouvez que donner votre opinion, car le cours est en place.

 :

Prédominance de l’enseignement chrétien

Croyez-vous vraiment que cela a de l’importance? Cela ne risque-t-il pas de décrédibiliser encore davantage le christianisme? Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi n’est-elle pas une arnaque monumentale? La mise sur un pied d’égalité de toutes les religions, en ne les abordant que d’un point de vue historique et romanciel, sans connaissance approfondie, et en évacuant tout le transcendant, amènent à enlever la crédibilité à chacune; ouvrant grande la porte à un rejet de toutes les religions en les attribuant à des inventions humaines peu crédibles.

Sans une compréhension plus profonde des réalités religieuses et un enseignement dégagé des frustrations du passé et du présent, la foi chrétienne ne peut être vue que comme un asservissement de l’homme avec des normes et des lois réductrices qui entravent son épanouissement et sa liberté.

Le besoin spirituel des enfants (nécessaire à chaque homme) devra et pourra alors être comblé par autre chose. Une porte toute grande ouverte au relativisme moral et au Nouvel Âge (et c’est pourquoi le yoga et les mouvements de cet acabit commencent à entrer dans toutes nos écoles).

La plus grande importance accordée au christianisme est un leurre, mal enseigné, les conséquences n’en seront que plus importantes. D’ailleurs, comment voyez-vous le fait que le gouvernement se soit approprié le devoir de veiller au cheminement spirituel de nos enfants, en nous l’enlevant à nous parents? (Amendement de la loi en établissant que l’école doit veiller à faciliter le cheminement spirituel de l’enfant -2002, art 1-13.3)

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Vigilance de votre part pour voir les conséquences sur les enfants

Je suis surpris de cette manière de réfléchir… Ne sommes-nous pas capables de connaître les fruits de l’arbre à la graine que l’on plante? N’est ce pas abdiquer notre devoir de citoyen que de s’abstenir de l’essentielle réflexion qui nous permet de juger des conséquences de nos décisions collectives et de se battre (oui, se battre) pour que les droits fondamentaux de chaque individu soient respectés de sa conception à sa mort?

Et si vous doutez des conséquences sur les enfants, écoutez l’émission de M. Louis Belzile à Radio-Canada le 17/12/2008. Vous mettez davantage de doutes au programme pour le primaire, mais le plus grand affront sera fait au secondaire, là les chrétiens seront écorchés et mis au ban. À l’âge du «gang», les jeunes croyants de toute religion seront amenés à abdiquer. En éclat, le mieux vivre ensemble! Je me demande bien comment, à 13 ans, j’aurais pu défendre ma foi et sa vérité en rapport avec le récit de la création de la Genèse (tel qu’amené dans le reportage de R-C).

Je tremble pour ces jeunes croyants lorsqu’ils seront obligés de discuter sur la Résurrection du Christ, lorsque l’on invoquera l’avortement, etc., et ce, à l’âge de la construction de leur structure identitaire qui a besoin de quitter le foyer pour se parfaire. Et vous croyez vraiment que les catéchèses paroissiales seront une nourriture suffisamment consistante pour donner une véritable colonne vertébrale spirituelle à nos adolescents?

Imaginez-vous le défi que nous devons relever, en tant que parents, pour transmettre presque seuls à nos enfants, une foi mature qui sera capable de résister à l’endoctrinement de l’État? Croyez-vous que la majorité des parents en sera capable? Non! Et les fruits seront amers pour notre société.

Bon cours pour favoriser le respect mutuel et la compréhension positive du fait religieux, car il permet aux enfants de s’exprimer et de se comprendre

C’est pourtant le plus grand danger… C’est le moyen puissant par lequel les technocrates veulent «ébranler la suffisance identitaire» de nos enfants. Parler des religions sur un niveau historique en visualisant seulement les faits permet une connaissance objective bonne et un véritable mieux vivre ensemble (en son temps, pas à 6 ans).

Mais discuter et émettre des opinions (tout équivalentes, sans vérité) avec des personnes en recherche d’identité, et dans un esprit de société hostile à la vérité et aux réalités de Dieu ne peut qu’amener une marginalisation des étudiants ayant des opinions contraires au vent d’uniformisation de notre société. Ce cours est étudié de longue date par des psychologues et des gens ayant des buts précis; il n’est pas neutre, reconnaissons-le.

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Vous ne pouvez que donner votre opinion, car le cours est en place

Prenez-vous conscience de la responsabilité et de la crédibilité que vous avez pour les gens du “peuple”? Vous êtes encore pour une grande partie des catholiques (pratiquant ou non) des phares permettant de guider leur conduite ou du moins leur conscience. Et cela est bon; vous êtes pasteurs!

En tant que laïcs, nous devons être en première ligne dans les débats de société et les engagements sociaux; cependant, comment pouvons-nous apporter notre contribution de chrétiens si nous ne sommes pas (où si timidement) appuyés par nos pasteurs?

Si nous discutons avec des parents pour les informer sur les véritables enjeux de ce cours, ils en voient bien les conséquences. Mais comment est-il possible d’amener les personnes plus loin si nous ne sommes pas supportés par nos gens d’Église (évêques, prêtres, religieux), qui eux, n’ont pas de véritables objections à ce cours? Croyez-vous qu’il n’y aurait eu que 1000 ou 2000 personnes aux diverses marches de la CLÉ s’ils avaient été appuyés par vous? Il y en aurait eu 10, 20, 30 fois plus… et le cours serait aujourd’hui optionnel.

Ne donnez pas votre opinion (communiqué du 17 mars 2008), INSTRUISEZ, ANNONCEZ, DÉNONCEZ! La société veut vous faire taire, CRIEZ SUR LES TOITS QUE LE CHRIST EST RESSUSCITÉ ET QUE NOUS SOMMES REDEVABLES À LA VÉRITÉ! Vous êtes pasteurs, soyez-le à la manière de Jean-Paul II, de Benoît XVI… Pourquoi la seule parole que nous entendons sur la place publique est celle du cardinal Marc Ouellet?

Oui, SOYEZ À L’EXEMPLE DU CHRIST LA VOIX DE DIEU. Si l’Église avait voulu s’adapter au monde moderne, elle n’aurait pas publié «Humanae Vitae». Si elle devait ne pas se mêler des affaires du monde, elle n’aurait pas publié «Rerum Novarum ». Oui l’État est laïc et cela est une bonne chose, mais le Christ a encore à parler au monde d’aujourd’hui.

Que la foi soit transmise hors des murs de l’école publique, soit, mais que nos libertés nous soient enlevées en vue de visées pas très rassurantes de la part de l’État, cela ne peut être accepté. Vous avez encore une voix sur la place publique, ne la taisez pas; nous avons besoin de vous, LES LAÏCS ONT BESOIN DE VOTRE APPUI!

Oui, vous avez amené des points problématiques dans votre lettre à la ministre Courchesne (11 mars 2008); mais c’est tellement peu engageant. Pourquoi se fermer les yeux sur les véritables enjeux de ce cours? Croyezvous que tous les droits qui ont été enlevés aux parents, aux chrétiens et aux professeurs l’ont été dans le noble but de rendre notre société plus accueillante à la diversité des points de vue et des croyances de chacun?

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Deux enjeux majeurs sont amenés avec ce cours:

1-Enlever la responsabilité première de l’éducation qui revient aux parents pour la remettre à l’État.

2-Détruire la crédibilité des grandes religions, dès le plus bas âge, pour pouvoir inculquer une idéologie d’État.

Dans quels buts? Je ne connais pas les véritables intentions de nos technocrates, mais il est possible d’en voir les aboutissements. Tout ce que nous acceptons béatement de perdre comme droits aujourd’hui sera notre croix de demain. Si les chrétiens ne se lèvent pas d’un seul coeur aujourd’hui pour construire la civilisation de l’amour, nous devrons le faire demain, et ce sera au prix de notre sang et de celui de nos enfants.

Je suis un peu mal à l’aise de vous parler de la sorte, vous êtes des pères pour le fils que je suis. Mais le fils ne peut plus se taire:

ÉVÊQUES DU QUÉBEC, SORTEZ DE VOTRE TORPEUR!

ÉGLISE! QUITTE TON SILENCE ET PROPAGE LA VÉRITÉ ET LA LUMIÈRE QUE LE CHRIST EST VENU APPORTER AU MONDE D’AUJOURD’HUI.

«Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde… brillez pour le salut des nations!»

Ghislain Lebel, 37 ans,

Proulxville, Qc


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