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Le Nic - Le Mardi 9 Février 2010

Rencontre avec Dom Guillaume Jedrzejczak, auteur de

Quand l’expérience spirituelle mène à la liberté

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Lundi 30 Mars 2009

On voit toujours Dieu une fois qu’Il a traversé notre vie, les traces qu’Il y a laissées. Curieusement, on ne sait pas Le voir quand Il est là. On Le voit quand Il n’y est plus», s’exclame Dom Guillaume Jedrzejczak en riant. L’auteur s’appuie sur Moïse qui n’a vu Dieu que de dos, seulement après son passage (Ex 33.23). C’est précisément ce que Dom Guillaume nous a laissé entrevoir lors de notre rencontre: le dos de Dieu! Il l’a fait en racontant en toute simplicité, les étapes de sa vie qui l’ont conduit, mine de rien, de façon inattendue, à devenir le père abbé de l’Abbaye Sainte Marie du Mont des Cats, en France.


Dom Guillaume Jedrzejczak : Photo Sophie Bouchard

Dom Guillaume Jedrzejczak

Photo Sophie Bouchard

Rien dans sa vie ne laissait présager un tel dénouement. Bien qu’il vienne d’un milieu ouvrier catholique, ce n’était pas la coutume de pratiquer. Après la communion solennelle, on tournait tout simplement la page. «Je n’étais pas curieux particulièrement pour les questions religieuses, jusqu’à l’âge de 15 ou 16 ans où j’ai commencé à lire beaucoup. J’ai lu Freud et tout ce qui concerne la psychanalyse et puis la philosophie un petit peu aussi. Ça me passionnait!»

Un trésor bien rangé

Au travers de ses lectures, il découvre Gandhi. «Gandhi m’a beaucoup impressionné parce que non seulement il disait des choses très belles, mais en plus il les vivait. Dans un de ses livres, il dit: “Si les chrétiens vivaient vraiment l’Évangile, je me serais converti.” Ça voulait dire qu’au fond, nous avions un trésor que nous ne connaissions pas… enfin, que moi je ne connaissais pas.»

Cette phrase éveille sa curiosité. Il trouve un Nouveau Testament dans la bibliothèque familiale. «On l’avait eu au catéchisme, puis on l’avait planqué là, bien rangé. Il n’avait plus bougé depuis! Je suis allé le ressortir, puis j’ai commencé à lire l’Évangile, simplement.»

Un jour, en revenant d’un entraînement sportif avec quatre de ses amis, ils s’arrêtent ensemble à l’église pour assister à la messe. «C’était un samedi soir, je m’en souviens très bien. Nous étions pratiquement les seuls jeunes présents.»

Le samedi suivant, il y retourne, seul cette fois. «Je n’ai pas été touché, ou frappé par quoi que ce soit. Mais il y avait une espèce de lien entre l’Évangile que j’avais lu et la pratique. J’ai recommencé comme ça, à aller à la messe régulièrement.» C’est tout. Pas de grand coup de coeur, pas de flash intérieur ou extérieur. Rien d’autre que l’Évangile et l’Eucharistie.

«Mes parents ne disaient rien, ils pensaient que c’était une lubie de jeunesse. Ils ne s’inquiétaient pas trop», se rappelle-t-il en riant.

Peu de temps après, le curé de la paroisse qu’il fréquente demande, à plusieurs reprises et sans succès, des bénévoles pour faire le catéchisme aux enfants. Devant tant d’insistance, l’adolescent se décide enfin à donner son nom. «Même si je n’y connaissais pas grand-chose! Je me suis dit: “Bah! Ça ne fait rien, comme ça, ça me permettra d’apprendre”!»

Et le voilà engagé à faire le catéchisme le mercredi! «Les enfants m’ont appris beaucoup parce qu’ils ont une fraîcheur extraordinaire. Ils posent des questions qu’il ne faut pas… Justement, c’est très intéressant pour quelqu’un qui recommence, parce que ça nous oblige à recreuser des choses.»

Une réponse en dix minutes

Parallèlement, il fréquente l’aumônerie de son lycée, un lieu de rencontre de jeunes. «Le prêtre qui s’en occupait m’a progressivement aidé à faire un discernement. Je cherchais quelque chose, je ne savais pas trop quoi. J’avais envie de vivre l’Évangile.»

Après lui avoir fait connaître différentes communautés, ce prêtre l’amène au monastère dont il est maintenant le père abbé. «J’avais une connaissance extrêmement rudimentaire de tout ce qui est ecclésiastique. Puis, ça ne m’avait jamais passionné, quoi! Je ne savais même pas qu’il y avait une règle de saint Benoît! Mais l’aumônier pensait que ça pouvait m’intéresser.»

«On a assisté à un tout petit office de dix minutes, raconte Dom Guillaume, l’office de none. En sortant, je savais que c’était là ma place. Mais incapable de dire pourquoi! C’est comme si j’avais reconnu mon lieu, ma patrie en quelque sorte. J’avais 18 ans.»

Le poisson a mordu, mais il n’est pas encore dans l’assiette! «Je suis rentré longtemps après. Mais c’était vraiment pour moi le début d’une recherche alors plus spécifique dans la vie monastique. Il y avait dorénavant une dimension ecclésiale qui prenait toute sa place et d’une manière tout à fait inattendue!» Et comme on peut s’y attendre: «Mes parents étaient absolument contre!»

Il commence des études de médecine pour faire comme ses amis. «Au bout d’un an, j’ai callé parce que ça ne m’intéressait absolument pas. Et puis j’avais tellement été remué par cette expérience que j’avais vécue, que je voulais absolument entrer au monastère tout de suite. Pour moi, il y avait une urgence.»

«La Règle de saint Benoît, affirme Dom Guillaume, en posant des limites avec une forme de vie extrêmement bien établie, nous libère considérablement pour pouvoir s’attaquer à ce qui est vraiment important.» Ce moine de l’abbaye du Mont des Cats semble très joyeux dans son occupation manuelle: il travaille à la fabrication du fromage des moines. :

«La Règle de saint Benoît, affirme Dom Guillaume, en posant des limites avec une forme de vie extrêmement bien établie, nous libère considérablement pour pouvoir s’attaquer à ce qui est vraiment important.» Ce moine de l’abbaye du Mont des Cats semble très joyeux dans son occupation manuelle: il travaille à la fabrication du fromage des moines.

Un chemin de liberté

Il demande donc à passer une année au monastère. Il a 19 ans. Étrangement, les jeunes peuvent faire une année dans la communauté pour vivre une expérience monastique, mais à une condition: «en ressortir au bout d’un an! L’idée géniale qu’il y avait derrière ça, c’est que la maturité humaine vient d’une maturité spirituelle et on ne peut pas dissocier les deux. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, l’expérience spirituelle n’infantilise pas, mais rend libre.»

«Cela a été une expérience très importante! Jusque-là, c’est comme si tout se fermait que la vie n’était pas intéressante. J’avais un sentiment de tristesse aussi. La vie monastique m’a redonné la joie de vivre. Pour moi, elle a été un chemin de liberté extraordinaire!»

Ce sentiment de liberté, bien qu’il soit certainement une grâce, a aussi une autre explication: «La Règle de saint Benoît, en posant des limites avec une forme de vie extrêmement bien établie, nous libère considérablement. On n’a pas besoin de se demander ce qu’on va faire tout à l’heure, ce qu’on va penser, etc. Donc ça libère énormément d’énergie pour pouvoir s’attaquer à ce qui est vraiment important.»

«Pas besoin de prouver aux autres des tas de choses, continue le moine, vous vivez quelque chose et dans cette expérience de vie très concrète, dans le travail des mains, dans une vie fraternelle forte, dans une relation très forte aussi avec un père spirituel, il y a des tas de choses qui peuvent venir au jour que vous ne pressentiez pas jusque-là.»

Dom Guillaume était entré là en espérant bien ne pas être obligé d’en ressortir au bout d’un an. «J’étais au noviciat, et on m’avait même donné un habit, donc j’étais vraiment coulé dans la communauté et j’y étais très heureux.»

Mais à la fin de l’année, c’est plus difficile «parce que forcément, il y avait des choses qui ressortaient. Toute la partie affective prend une résonance extraordinaire dans la solitude et le silence. La vie monastique a éveillé ça, ce qui peut paraître un peu curieux. En fait, cette expérience a eu exactement l’effet inverse de ce que j’avais pensé. Au lieu d’étouffer, cela a fait jaillir de tous les côtés.»

Il doit donc sortir, tel que prévu. Il reprend ses études, en droit cette fois. «Ces années ont été vraiment fabuleuses parce que cette expérience monastique d’une année a libéré en moi une force, un désir de vivre, que je ne connaissais pas avant.»

Une fois les études terminées, il doit faire son service militaire, obligatoire à l’époque. «J’ai choisi de partir deux ans en Afrique, parce que c’était une manière de connaître un autre univers. Je me souviens que j’avais quitté l’aéroport Charles de Gaulle, à Paris, un truc ultra moderne, puis on arrive au-dessus d’Ouagadougou au Burkina Faso. Je regardais en bas, l’avion descendait, descendait, puis on ne voyait rien! Arrivé à l’aéroport, il n’y avait que quelques bâtiments, des maisons de terre.»

«Pour moi, cela a été un choc incroyable de découvrir qu’il était possible de vivre de presque rien, explique Dom Guillaume. Cela été aussi une expérience très dure parce que c’est un climat très chaud. Et être un Blanc dans un pays où tout le monde est noir, c’était une expérience tout à fait étonnante, avec tout ce que ça peu réveiller comme peur, comme angoisse, etc.»

La première année s’avère pénible. Avant d’entreprendre la deuxième année, il fait une courte expérience au sein de la communauté contemplative des frères de Mère Teresa à Rome, où il aura la grâce de rencontrer Mère Teresa à quelques reprises.

De retour en Afrique pour la deuxième partie de son service militaire, «j’étais vraiment comme un poisson dans l’eau. J’étais très heureux! Au point où je me suis demandé si je n’allais pas rester.»

«C’est une expérience importante de découvrir que ce n’est pas nous qui choisissons, mais que nous sommes choisis», souligne Dom Guillaume. : Photos Abbaye du Mont des Cats

«C’est une expérience importante de découvrir que ce n’est pas nous qui choisissons, mais que nous sommes choisis», souligne Dom Guillaume.

Photos Abbaye du Mont des Cats

Choisir ou être choisi

Mais de son propre aveu, il est têtu et sa décision d’intégrer le monastère avait déjà été prise: «Je n’avais plus du tout envie d’être moine. J’avais plutôt envie de reprendre mes études de droit ou de partir ailleurs, d’aller voyager dans le vaste monde. La première fois j’étais entré avec un enthousiasme extraordinaire. La deuxième fois, c’était très différent puisque le premier mystère qui entoure toujours un peu la vie monastique était dissipé.»

En prenant la bride à reculons, sa première année devenait plus difficile. «Je suis resté parce que quelque chose me tenait. C’est une expérience importante de découvrir que ce n’est pas nous qui choisissons, mais que nous sommes choisis. Beaucoup de gens pensent qu’ils choisissent leur vie alors que souvent, ils sont le fruit ou le résultat d’un tas d’influences et de conditionnements dont ils n’ont pas conscience. Et, prendre conscience de tout ça, c’est assumer cette réalité, cette histoire, c’est découvrir le chemin du bonheur. Sinon, tout reste toujours très pesant.»

L’accompagnement d’un père spirituel est essentiel dans cette conscientisation. Il «nous laisse cheminer ou mariner dans tous nos machins. Tout ce chemin où Dieu laisse des traces, mais qu’on ne sait pas forcément interpréter.» À travers une vie monastique ordinaire, il est passé par des périodes difficiles où «tout ce qu’il y avait d’un petit peu dur en moi et de choses un petit peu mal digérées est ressorti. J’étais insupportable, reconnaît le moine en riant! J’ai eu beaucoup de chance parce que j’ai toujours eu sur ma route, des gens qui ont pris les bonnes décisions. Par exemple, à un moment, mon abbé m’a demandé de partir ailleurs, pour quelques mois, dans un autre monastère. Je l’ai vécu comme une terrible injustice à ce moment-là, et aussi, je pensais que c’était de la méchanceté, un rejet.»

«Après, je me suis rendu compte qu’il m’avait fait un bien fou! Et qu’il avait eu raison de ne pas céder à ma pression affective de lui reprocher ça, ça et ça. Cela demandait une force de sa part et une bienveillance. C’est très difficile d’aimer les gens plus qu’eux-mêmes. Et d’avoir le courage de leur imposer des choses qui pour finir leur profiteront.»

À l’université de l’universalité

Il fait sa profession solennelle puis on l’envoie à Rome pour étudier les Pères de l’Église pendant trois ans. Durant cette période, il goûte à la catholicité, à l’universalité de l’Église. «C’était passionnant! On était 15, je crois. C’était une découverte de voir des gens de l’Inde, du Mexique, des États-Unis, de Pologne, d’Italie qui posaient des questions autrement parce qu’ils avaient une autre formation. Cela m’a fait un bien fou parce que cela a ouvert mon esprit. Paradoxalement, la catholicité, le sens universel, c’est de se rendre compte qu’on ne l’est pas!»

Sa rencontre avec la mentalité de Rome—cité qu’on juge souvent désorganisée—laissera également en lui un enseignement indélébile, imprévu et particulièrement utile en regard de la Règle de saint Benoît. Il raconte une anecdote vécue là-bas pour l’illustrer:

«J’étais en voiture avec ma soeur et on arrive à un endroit où il y a des sens interdits partout. On ne savait plus comment faire pour en sortir et atteindre la Trinité des Monts. On demande à un agent qui nous indique de “passer par là”. Or, c’était un sens interdit. On lui fait remarquer. Et il nous répond: “Bien, allez doucement!” J’avais trouvé ça absolument extraordinaire. Ce rapport à la règle, ce rapport à la norme. Cette capacité à la fois de respecter la règle, sans l’absolutiser.»

L’abbé pense même que c’est la source de beaucoup de malentendus entre l’Église de Rome et le reste du monde: «Rome affirme la règle d’une manière très forte, parce qu’elle a très conscience qu’il y a beaucoup d’exceptions. Et après, il y a tout un travail de miséricorde qui doit s’appliquer, mais qui ne remet pas en cause la règle. Vivre à Rome permet de comprendre de l’intérieur, cette espèce de manière tout à fait particulière et qui est très belle je trouve.»

Au Mont des Cats, il assume le rôle d’économe pendant quelques années. «Dans la vie monastique trappiste, les choses ont une grande importance, elles ont un rôle pédagogique, c’est-àdire qu’elles nous enseignent la vie. Dans cette confrontation à l’argent, il y a toujours la tentation de dire “Ah! l’argent c’est mauvais!” ou bien d’en faire un dieu. Tandis qu’il s’agit de mettre l’argent au service d’une vie communautaire. Et donc, pour moi, cela a été une école formidable d’apprendre à la fois à gérer des choses, et à ne pas démoniser l’argent. À le regarder pour ce qu’il est, ni plus, ni moins.»

 : Photo CNS/Dan Cepeda

Photo CNS/Dan Cepeda

Branle-bas de combat!

En 1997, il vit un grand chambardement: il est élu père abbé de sa communauté tout juste âgé de 40 ans! «Cette élection a vraiment transformé ma vie. Ce n’est pas du tout pareil d’être l’économe puis au-dessus de nous, il y a un abbé qui tranche. Fondamentalement, il y avait toujours un recours. Mais l’abbé n’a pas ça. On est en fait tout seul devant une décision.»

«Il n’y a pas d’école pour être abbé. On est élu du jour au lendemain, bombardé abbé pour la vie. En plus, je n’étais pas prêtre quand j’ai été élu. Ça arrive assez rarement, c’était un peu spécial». Il faut y pallier et c’est pourquoi deux mois plus tard, il est ordonné diacre, puis deux mois après, prêtre. «Cela été très rapide et a engendré une modification radicale dans ma manière de vivre. Avant j’étais un frère parmi d’autres, qui râlait contre l’autorité en place. Désormais, je ne pouvais plus parce que c’était moi qui étais là!», reconnaît Dom Guillaume en riant.

Une responsabilité grave qui le laisse dans une certaine solitude. «Pas qu’on veuille être seul, mais le fait que vous décidiez, les autres vous regardent autrement… Il a fallu dépasser des tas de peurs, des tas de difficultés, de la timidité…».

En devenant abbé, il a non seulement la charge d’une quarantaine de moines de tous âges, mais il s’occupe aussi de cinq monastères de moines et de moniales qui ont un lien de filiation avec sa communauté. «Du jour au lendemain, on me demandait des conseils, à moi qui ne savais rien! Il a donc fallu apprendre. Ces communautés étaient dans plusieurs pays différents, avec des cultures et des langues distinctes. Il y a toujours la tentation au départ de s’imaginer que les autres pensent comme nous. Ça, je l’avais déjà un petit peu appris à Rome puis en Afrique.»

«Une partie très intéressante de mon travail, une des tâches fondamentales du père immédiat, c’est d’aider le supérieur des autres maisons. Parce que souvent, on critique beaucoup ceux qui ont des responsabilités et je pense que c’est un peu injuste. On les soupçonne d’être ambitieux et de vouloir la première place sans se rendre compte qu’il faut que des gens aient le courage d’abandonner leur propre volonté pour essayer d’aider la communauté.»

Être père abbé d’une quarantaine de moines âgés de 30 à 95 ans n’est pas toujours facile «mais ils m’ont élu, alors c’est de leur faute!», indique-t-il, mi-figue, mi-raisin. Et contrairement à ce qu’on croit parfois, «une abbaye, ça tourne tout seul. En fait, l’une des fonctions fondamentales de l’abbé c’est de rien faire! Autour de lui, tout un ensemble de choses vont se mettre en place qui vont tourner par elles-mêmes. Si l’abbé n’est plus là, tout s’arrête.»

Le rôle de l’abbé est aussi d’écouter. «Ça, c’est l’aspect un peu gratifiant: écouter les merveilles que Dieu fait dans le coeur des autres. On est toujours un peu démuni parce qu’on se dit, il fait des choses extraordinaires, mais moi, je n’en suis pas là. On découvre que beaucoup de frères vivent des choses vraiment incroyables que peutêtre moi je ne vivrai jamais. On est un témoin émerveillé de ça.»

Dans toute son histoire, dans l’expérience vécue, c’est là que Dom Guillaume puise pour écrire ses livres. Voilà pourquoi ils sont si riches tout en étant proches de nos réalités, parce qu’ils s’appuient sur une expérience de vie concrète. Une expérience où il est facile de voir, après coup, que le Seigneur avait tout prévu, qu’Il était bel et bien présent dans cette histoire, qu’Il y créait des liens et qu’Il formait sa “brebis-mère”, tout ça, sans que personne ne s’en rende vraiment compte.

Tout ça, pendant qu’on est caché dans la fente du rocher, en attendant qu’Il retire sa main… pour laisser voir sa gloire de dos, comme à Moïse.

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