En matière politique, les catholiques sont présentement sur “le neutre”. Pourtant, la vie démocratique moderne érode les valeurs religieuses et les relègue au domaine de la vie privée ou au musée ethnologique. Nous avons le choix, ou devenir silencieux et disparaître socialement, ou nous politiser, nous doter d’un instrument politique et entrer dans l’arène.
Photo CNS
Les partis politiques traditionnels ignorent prudemment les questions sensibles pour les gens religieux: la primauté de la famille, l’autorité parentale, les divorces, le suicide, la morale publique, l’avortement des adolescentes mineures à l’insu des parents, la liberté de conscience, la réduction des écarts entre riches et pauvres, le bien commun oublié face aux droits individuels, la loi naturelle, l’identité personnelle et sociale, les traditions, les gaspillages de fonds publics.
Or, une jeune génération de croyants dans la trentaine réprouve le laisser-aller de ses aînés agnostiques. Elle blogue son impatience à changer les lois qui régissent notre médiocrité collective. Nous n’en sommes pas encore à la mobilisation, mais l’expérience de la C.L.É., regroupement de jeunes parents, pourrait servir de tremplin mobilisateur et d’initiation à notre politisation.
Au Québec, il faut suivre attentivement l’évolution de la COALITION POUR LA LIBERTÉ EN ÉDUCATION (C.L.É.) opposée à l’imposition obligatoire du cours d’Éthique et de culture religieuse, au primaire et au secondaire. La majorité des parents déplorent ce cours. Je le constate personnellement à toutes mes visites hebdomadaires dans les familles. La population se sent trahie par ses représentants. Elle ne comprend pas leur manque de jugement.
Pour l’instant, la C.L.É. ne représente qu’un mouvement contestataire sans grande audience. Elle n’a pas réussi à percer dans la vie publique. Mais, attention, elle pourrait devenir bientôt un phénomène politique de plus grande ampleur et préparer l’apparition d’un instrument politique «conservateur».
À moins que l’ADQ, si elle n’implose prochainement, sache représenter la revendication collective des jeunes parents. Autrement, il faudra 15 autres années de travail pour fonder un nouveau parti politique.
Entre temps, ce questionnement religieux des jeunes familles est péjorativement qualifié de conservateur et de droite. Si je défends mes droits religieux ancestraux, suis-je pour autant conservateur? Si je veux l’enseignement religieux pour mes enfants à l’école publique, suis-je traditionaliste et antihumaniste? Si je déplore l’avortement qui décime mon peuple et tue d’innocentes victimes par dizaine de milliers, suis-je fondamentaliste? Si je réprouve le travail généralisé le dimanche parce qu’il nuit à la vie individuelle, familiale et religieuse, suis-je anti progressiste? Si je conteste le droit de l’État à se substituer à l’autorité parentale, suis-je passéiste, et si je me méfie des esprits libéraux qui contrôle l’Église ici de l’intérieur, suis-je schismatique? Ne suis-je pas plutôt dans la norme prophétique ordinaire?
Les catholiques fidèles à la tradition de l’Église sont condamnés au silence s’ils n’entrent pas dans l’arène. Ils sont déjà objet de mépris de la part de tous les appareils officiels de gestion de la vie communautaire, tant civils que religieux.
Nous n’avons rien à attendre d’un État sans foi.
Au cours des 50 dernières années, le catholicisme québécois s’est affaibli. Les évêques commandent alors la Commission Dumont et son fameux rapport tabletté: L’Église du Québec, un héritage et un Projet (1971). Mais l’Église est déjà contestée en 1968 pour la lettre encyclique «Humanae Vitae» de Paul VI dénonçant la contraception comme anti naturelle. L’Église est abandonnée en masse par ses clercs de 1970 à 1980 et ses fidèles depuis.
Les anciens clercs deviendront les grands prêtres de l’État en vue de construire un Québec moderne. Maintenant, sans héritage, sans projet, sans clerc, la foi de jeunes parents se lance dans l’arène publique. Ainsi, se renouvelle le mystère de l’Église, Pentecôte toujours nouvelle donnée publiquement au monde.
Note:
L’abbé André Chevalier est curé de la paroisse Sainte-Julienne, 2417, rue Victoria,
Ste-Julienne, Qc, J0K 2T0, route 125 au nord de Montréal.
Et L'islam qui fait des ravages dans tous les pays même dans leurs pays ou l'on tuent des Chrétiens. Ils ne sont pas ici pour s'intégrer mais bien pour Islamiser les pays.
Une nouvelle déclaration de Benoît XVI fait scandale
À son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape a confié à une journaliste : “Il fait beau aujourd’hui !” Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.
Quelques réactions. Le maire de Bordeaux : “Alors même que le pape prononçait ces paroles, il pleuvait à verse sur Bordeaux ! Cette contre-vérité, proche du négationnisme, montre que le pape vit dans un état d’autisme total. Cela ruine définitivement, s’il en était encore besoin, le dogme de l’infaillibilité pontificale !”
Le Grand Rabbin de France : “Comment peut-on encore prétendre qu’il fait beau après la Shoah ?”
Le titulaire d’une chaire d’astronomie : “En affirmant sans nuances et sans preuves objectives indiscutables qu’il 'fait beau aujourd’hui', le pape témoigne du mépris bien connu de l’Eglise pour la Science qui combat ses dogmes depuis toujours. Quoi de plus subjectif et de plus relatif que cette notion de « beau »? Sur quelles expérimentations indiscutables s’appuie-t-elle ? Les météorologues et les spécialistes de la question n’ont pas réussi à se mettre d’accord à ce sujet lors du dernier Colloque International de Caracas. Et Benoît XVI, ex cathedra, voudrait trancher, avec quelle arrogance ! Verra-t-on bientôt s’allumer des bûchers pour tous ceux qui n’admettent pas sans réserve cette nouvelle pseudo vérité ?”
L’Association des Victimes du Réchauffement Planétaire : “Comment ne pas voir dans cette déclaration provocatrice une insulte pour toutes les victimes passées, présentes et à venir, des caprices du climat, inondations, tsunamis, sècheresse ? Cet acquiescement au 'temps qu’il fait' montre clairement la complicité de l’Eglise avec ces phénomènes destructeurs de l’humanité, il ne peut qu’encourager ceux qui participent au réchauffement de la planète, puisqu’ils pourront désormais se prévaloir de la caution du Vatican”.
Le Conseil Représentatif des Associations Noires : “Le pape semble oublier que pendant qu’il fait soleil à Rome, toute une partie de la planète est plongée dans l’obscurité. C’est là un signe intolérable de mépris pour la moitié noire de l’humanité”.
L’Association féministe Les Louves : “Pourquoi « il » fait beau et pas « elle » ? Le pape, une fois de plus s’en prend à la légitime cause des femmes et montre son attachement aux principes les plus rétrogrades. En 2009, il en est encore là, c’est affligeant !”
La Ligue des Droits de l’Homme : “Ce type de déclaration ne peut que blesser profondément toutes les personnes qui portent sur la réalité un regard différent de celui du pape. Nous pensons en particuliers aux personnes hospitalisées, emprisonnées, dont l’horizon se limite à quatre murs ; et aussi à toutes les victimes de maladies rares qui ne peuvent percevoir par leurs sens l’état de la situation atmosphérique. Il y a là, sans conteste, une volonté de discrimination entre le 'beau', tel qu’il devrait être perçue par tous, et ceux qui ressentent les choses autrement. Nous allons sans plus tarder attaquer le pape en justice”.
À Rome, certains membres de la Curie ont bien tenté d’atténuer les propos du pape, prétextant son grand âge et le fait qu’il ait pu être mal compris, mais sans succès jusqu’à présent.
une autre façon de faire de la politique
par Claude Gilbert à 2009-04-17 10:34:19
Votre commentaire est des plus pertinents, M. l'abbé. J'ajouterai cependant ceci, en guise de précision et de correctif si j'ose dire: oui, en effet, il n'y a plus rien à faire avec un État sans foi, dominé par une technocratie prônant le détachement délibéré de nos racines culturelles et religieuses au nom d'une intégration pluri-ethnique qui nécessiterait la création d'une nouvelle identité collective sans repères historiques. Par conséquent, s'il faut faire de la politique ce n'est pas dans le cadre d'un parti politique. L'échec de l'ADQ, à mon avis, n'est pas simplement dû à la maladresse d'un Mario Dumont qui est au contraire un homme intelligent et habile, malgré ses limites (ses adversaires en avaient autant que lui, et souvent les mêmes, dont le handicap de n'avoir jamais rien fait d'autre que de la politique dans leur vie). D'une part, le système politico-médiatique actuel condamne l'ADQ à émousser les pointes les plus contestatrices du mouvement social qu'elle a en partie représenté jusqu'ici (le ras-le-bol de la classe moyenne et des jeunes familles et la remise en question de certains tabous issus de la Révolution tranquille). On l'a vu, les chroniqueurs et les éditorialistes savent faire bloc d'instinct lorsque quelqu'un qui pourrait réussir à percer semble menacer le 'consensus québécois' sur des questions telles que la place de la religion (catholique en tous cas) dans l'espace public. D'autre part, même si l'ADQ pouvait prendre le pouvoir je doute fortement qu'elle pourrait arriver à faire changer de cap l'appareil mis en place par 40 ans de fonctionnariat de plus en plus convaincu que le peuple du Québec doit être non seulement laïcisé mais aussi déchristianisé pour son propre bien. Non, s'il y a quelque chose à faire en politique pour des croyants ici, ce doit être sous la forme qu'a prise la CLÉ, justement. Autrement dit, la voie du 'lobbying', non pas au sens de gros intérêts privés commerciaux ou industriels, mais comme les féministes, les homosexuels, les syndicats ou peut-être plus exatement, comme les organismes communautaires oeuvrant pour les personnes handicapées, les locataires à faible revenu, les artistes, etc. La plupart du temps, les revendications de ces mouvements sociaux ne sont pas forcément appuyées par la population mais les gouvernements finissent par tenir compte de l'expression de citoyens organisés, mobilisés et qui savent se faire entendre publiquement ou en coulisses selon les besoins du moment. Cela vaut mieux que d'aller gaspiller ses talents dans une formation politique oû il y aura toujours des gens sages et avisés pour vous obliger à passer par-dessus vos convictions afin de préserver supposément, disent-ils, votre capacité à influencer le cours des choses, ce qui est et restera un marché de dupes pour les catholiques et ce pour encore longtemps, à mon avis.
Homélie du Cardinal Marc Ouellet donnée lors de la messe de solidarité avec la communauté haïtienne de Québec le 15 janvier 2010 à l'église Saint-Dominique de Québec.
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Reportage sur la Mission Melkite de Québec et certaines particularités de cette Église grecque catholique.
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